Burundi: les anti-Nkurunziza craignent de plus en plus les représailles

Au Burundi, les manifestants continuent leur mobilisation contre un troisième mandat pour le président Pierre Nkurunziza, le 19 mai 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Au Burundi, après le Sommet de Dar es-Salaam, la mobilisation va se poursuivre, annoncent donc les leaders du mouvement anti-troisième mandat. Pourtant, ce week-end, dans les quartiers contestataires, elle était assez faible même si aucune trêve n'avait été prévue. Mais les manifestants craignent aujourd’hui les représailles.

Quasiment aucune manifestation de tout le week-end à Bujumbura. La société civile avait pourtant promis de faire peser la rue de tout son poids dans les discussions de Dar es-Salaam. Alors pourquoi un tel échec de la mobilisation ?

Un leader du mouvement Arusha met en avant la répression. Selon cette source, près de 800 personnes ont été arrêtées depuis le 26 avril. En un mois, une quarantaine de tués et des centaines de blessés par balle en raison des attaques à la kalachnikov de la police face à des manifestants pacifiques. Dimanche, la manifestation des femmes, prévue dans le centre-ville, a ainsi été annulée au dernier moment, de peur de violences policières trop importantes.

Ces derniers jours, la police a été renforcée avec des effectifs venus de province et les agents continuent à ouvrir le feu sans ménagement. Samedi, les deux organisations, Human Rights Watch et International Crisis Group, mettaient en garde Bujumbura contre une spirale de la violence, évoquant un pouvoir radicalisé ces dernières semaines.

Enfin dernier facteur : l’absence de médias indépendants qui empêche la circulation de l’information sur les manifestations. Alors que la très pro-régime RTNB, seule radio à même de diffuser, laisse penser que la mobilisation touche à sa fin.


■ L’opposition demande le déploiement d’une force africaine

L’opposition est inquiète pour la sécurisation du pays. L'un des principaux opposants, et candidat à la présidentielle, Agathon Rwasa appelle les chefs d'Etat de la communauté est-africaine à déployer sa force en attente pour sécuriser le processus électoral pendant toute la période de report des élections : « On a toujours demandé qu’il y ait un report pour qu’on puisse au moins créer des conditions optimales pour une élection démocratique. Maintenant, il faut garantir la sécurité des citoyens et des opposants. Ce que l’on pourrait faire c’est qu’on amène une force qui puisse sécuriser les élections, puisque ce n’est pas cette police qui va désarmer les Imbonerakure et ce n’est pas non plus cette police qui pourrait garantir que la sécurité des élections soit là ».

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