Burundi: fin de la trêve dans les rues de Bujumbura

Les manifestations ont repris ce mardi 2 juin à Bujumbura, Burundi.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Au Burundi, la situation est toujours complexe après plus d’un mois de contestation contre un possible troisième mandat du président Nkurunziza. Et après quatre jours d’accalmie, à nouveau les manifestations ce mardi matin dans les quartiers contestataires de la capitale.

La trêve est bien terminée au Burundi, ce mardi. Il y a des manifestations effectivement, dans tous les quartiers contestataires que ce soit à Cibitoke, Nyakabiga, Musaga, Kanyosha, et ce malgré une répression toujours aussi intense. Mardi matin, la police a immédiatement ouvert le feu en l’air, mais au fusil d’assaut, à la vue du moindre manifestant. Les agents n’ont pas hésité à tirer des gaz lacrymogènes dans des maisons, déclenchant des incendies, semant la panique dans les foyers.

► Ecoutez le reportage de notre envoyé spécial dans le quartier de Cibitoke, l'un des bastions de la contestation.

Ici on tire dans les maisons ! Les policiers qui sont sensés protéger les gens... ils viennent brûler les maisons des gens ! la communauté internationale reste sans rien faire alors que les gens sont en train de mourir !

«Notre police nationale du Burundi n'est plus une police, c'est une milice !»
03-06-2015 - Par David Thomson

Il y a aussi eu beaucoup d’arrestations de manifestants. Des manifestants qui sont toujours pacifiques et qui répondent uniquement avec des jets de pierres aux attaques, aux tirs de gaz et de kalachnikov de la police.

Mais malgré les tirs, mardi, les habitants des quartiers contestataires étaient dans la rue.  Les manifestants promettent de revenir jusqu'à la fin du président Pierre Nkurunziza.

Toujours pas de calendrier électoral

Par ailleurs, la Commission électorale est en bien délicate position. D’abord, parce que deux de ses membres, dont la vice-présidente, ont démissionné et ont fui à l’étranger en expliquant que la situation sécuritaire et politique au Burundi « ne leur permettait pas de travailler ». Du coup, cette Commission électorale est de fait paralysée pour décider d’une nouvelle date pour les élections. Car la Céni au départ, ce sont cinq membres, qui selon le règlement doivent prendre des décisions à une majorité de quatre voix, ce qui est impossible avec ces deux défections.

En ce qui concerne la nouvelle date des élections, après la proposition de report des Etats d’Afrique de l’Est d’un mois et demi, c’est toujours le flou total. Rien n’a encore été décidé. La Céni doit donner un avis consultatif et a fait savoir que ce sera au pouvoir politique de trancher. Selon son président, les nouvelles dates devraient être connues avant ce vendredi, c'est-à-dire le jour où était censé se tenir le scrutin communal et législatif.

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