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Burundi

Burundi: quel nouveau calendrier électoral?

La journée a été calme, lundi 1er juin dans les quartiers contestataires de la capitale. Le collectif contre un 3e mandat du président Nkurunziza avait décrété une trêve après le sommet de Dar es Salaam mais compte reprendre la mobilisation ce mardi.
© REUTERS/Goran Tomasevic

C’est un coup dur de plus pour la crédibilité du vote au Burundi et pour sa Commission électorale nationale indépendante, la Céni. Après le départ des observateurs de l’UE et le désengagement de l’Eglise catholique du processus électoral, deux membres de la Céni ont fui à l’étranger, dont sa vice-présidente. Lundi, les chefs d'Etat este-africains réunis à Dar es Salaam ont proposé un report d’un mois et demi. Les législatives étaient censées se tenir vendredi et la présidentielle le 26 juin, mais aucune nouvelle date n’a encore été décidée.

Après la fuite à l’étranger de sa vice-présidente et d’une commissaire, la Céni risque d’avoir du mal à fonctionner. Avant de fuir le Burundi, ces deux membres de la commission ont laissé derrières elles des lettres de démission postées sur les réseaux sociaux par des opposants. Le président de la Céni a confirmé à RFI que ces missives étaient authentiques (voir au bas de cet article).

Le règlement de la Céni impose en effet que les décisions soient prises à la majorité de quatre membres sur cinq, mais selon son président, cela n’est pas un problème : « Pour le moment, les travaux que nous pilotons depuis cinq jours ne nécessitent pas de décision à prendre », explique Pierre-Claver Ndayicariye.

Le calendrier dépend du pouvoir politique

Comment, dans ces conditions, décider d’une nouvelle date ou d’un report des scrutins ? La Commission électorale nationale indépendante, affaiblie par ces deux démissions, assure qu’elle ne délivrera qu’un avis consultatif et que ce sera au pouvoir exécutif de trancher :

« Il faut que le Burundi ait un chef de l’Etat élu en 2015 et au plus tard investi le 26 août. Il faut que l’on ait le Parlement avant, parce que le chef de l’Etat prête serment devant le Parlement réuni (...) Le 8 juillet, on doit avoir un Parlement en place. Mais les politiciens peuvent décider d’une autre formule. »

Selon le président de la Céni, la nouvelle date devrait être connue au plus tard ce vendredi, jour initialement prévu pour le scrutin communal et législatif. Mais le calendrier dépend en dernier ressort du pouvoir politique.

Vers une reprise des manifestations

Quoiqu'il en soit, pour l'opposition et pour ceux qui manifestent contre le troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, toute participation aux élections reste conditionnée à un préalable non négociable, disent-ils, à savoir le renoncement du président en exercice à un troisième mandat. Ce mardi, la trêve est finie et les manifestations sont censées reprendre dans les quartiers contestataires de la capitale.

Dans un communiqué de leur ambassade à Bujumbura, les Etats-Unis déclarent que la candidature à un troisième mandat du président burundais menace « gravement » la stabilité du pays et constitue une « violation » de l'accord d'Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile. « Nous continuons vivement d'exhorter le président Nkurunziza à reconsidérer son intention de conserver le pouvoir au détriment de cet accord (...) et de la stabilité chèrement acquise après une tragique guerre civile », écrit l'ambassade américaine.

Le président de la Céni dit à RFI reconnaître l'authenticité des deux lettres de démission. © DR

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