Le président Buhari reprend la main dans la lutte contre Boko Haram

Les équipes du présidents nigérian et de son homologue nigérien lors de leur rencontre à Niamey, le 3 juin 2015.
© REUTERS/Tagaza Djibo

En visitant le Niger et le Tchad à peine investi, le président nigérian Muhammadu Buhari montre sa volonté concrète de reprendre la main sur la lutte contre Boko Haram.

Il l'avait promis pendant sa campagne : une fois élu, Muhammadu Buhari ferait de la lutte contre Boko Haram sa priorité. Le nouveau président nigérian a fait vite en se rendant au Niger et au Tchad quatre jours seulement après son investiture. Ce jour-là, il avait déjà annoncé le déménagement du commandement des opérations militaires, transféré d'Abuja, la capitale fédérale, à Maiduguri, dans l'est du pays, pour se rapprocher davantage du front.

A Niamey, Muhammadu Buhari a fait savoir son désir que l'armée nigériane prenne bientôt la relève des soldats nigériens et tchadiens qui stationnent dans les villes qu'ils ont reprises depuis le début de l'offensive régionale conjointe en février dernier.

En réservant ses premières visites à l'étranger à ses voisins, victimes collatérales de Boko Haram depuis plusieurs années, le nouveau président nigérian marque la rupture avec son prédécesseur Goodluck Jonathan, violemment critiqué pour son inaction contre la secte islamiste. Muhammadu Buhari a ainsi évoqué l'organisation prochaine d'un sommet de la commission du lac Tchad, qui rassemblera le Niger, le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Bénin, faisant ainsi renaître l'espoir de voir se déployer efficacement la force multinationale qui réunit ces pays.

A Ndjamena, Buhari reconnaissant envers ses voisins

Muhammadou Buhari a tenu à montrer qu'il ne voulait pas perdre de temps. Là où son prédécesseur faisait cavalier seul, le nouveau chef de l'Etat nigérian tient à marquer une rupture, un changement de politique dans la lutte contre Boko Haram. Et cela commence par de la reconnaissance envers ses voisins. « Niger, Tchad, Cameroun. Ils sont tous venus à notre secours, a rappelé Muhammadu Buhari. Mais malgré cela, je pense que c'est le Tchad qui a subi les plus lourdes pertes. Et pour cela, je devais venir expressément pour remercier mon frère, et à travers lui, le peuple tchadien, pour tous les sacrifices qu'il endure pour stabiliser cette région. »

Dire merci, mais aussi parler de l'avenir. A cet effet, le Tchadien Idriss Deby a réaffirmé de son côté la nécessité de rendre opérationnelle la fameuse force mixte multinationale au point mort depuis la fin 2014. Pas d'annonce concrète, mais des déclarations d'intentions. Et un appel à la communauté internationale. « Je saisis cette occasion pour lancer un appel à la communauté internationale afin qu’elle apporte tout son soutien militaire, diplomatique, financier, logistique et humanitaire aux efforts que nos pays déploient pour venir à bout de la secte Boko Haram », a déclaré Idriss Déby.

Dans la déclaration finale, le développement des régions ravagées par Boko Haram a été également évoqué sans que, là non plus, quoi que ce soit de concret n'ait été annoncé.

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