RDC: grand ménage à la tête de la lutte contre les rebelles ADF

Des civils sont déplacés en prévision des combats des FARDC contre les rebelles ADF dans l'est de la RDC, en janvier 2014.
© AFP PHOTO / ALAIN WANDIMOYI

Voilà près d'un an que la population de Beni réclamait le changement de la chaîne de commandement militaire dans le Grand Nord. Car ces derniers mois, l'armée a assisté impuissante à la multiplication de massacres. Plus de 350 morts en cinq mois. Plaintes de la société civile, journées villes mortes... Finalement, c'est une grande opération de toilettage qui démarre. Le commandement de l'opération chargée de lutter contre les rebelles ADF change ce vendredi. Le général Muhindo Akili va être remplacé par le général Marcel Mbangu Mashita, tout comme toute une série de commandants de régiments. La cérémonie de passation devait avoir lieu ce vendredi matin à Beni.

Avec cette décision, Joseph Kabila réalise enfin sa promesse faite fin octobre de changer le commandement de ses troupes inefficaces et corrompues selon la population. Pour Beni, c'est donc une bonne nouvelle même si elle arrive tard. Trop tard, estiment plusieurs habitants joints par RFI.

Le général Muhindo rappelé au commandement de son bataillon, le 31e, va donc être remplacé par le général Mbangu. Originaire du Katanga, ce dernier était jusque-là adjoint au commandant des opérations en Ituri, un peu plus au nord de Beni. Une zone en proie aussi à la violence de groupes armés.

Cette nomination semble également réjouir les chancelleries étrangères et la mission de l'ONU en RDC. Le général Mbangu a fait ses preuves à Bunia, explique l'un d'entre eux. Il a de bons contacts avec l'Ouganda et la coordination avec la Monusco s'est toujours très bien passée. Pour preuve, selon l'ONU, cette dernière opération contre les rebelles du FRPI. Des hélicoptères de l'ONU ont appuyé les FARDC (l'armée congolaise), jeudi. Bilan : au moins 40 morts du côté des rebelles.

Enfin et peut-être surtout, ce changement s'inscrit dans une reconfiguration plus large. Presque tous les commandants des régiments en place à Beni sont changés. Exemple, le colonel Dieudonné Muhima, soupçonné d'avoir trempé dans des trafics dans la région, voire d'avoir été impliqué dans l'attaque d'un convoi de la Monusco. Ou encore le colonel Tito, acquitté pour le meurtre du héros congolais Mamadou Ndala, mais en qui la population avait perdu toute confiance.

Enfin, une rotation des unités devrait avoir lieu dans les jours qui suivent : trois régiments de Beni iraient dans le Sud-Kivu et vice versa. Reste que ces changements doivent encore faire leur preuve et enrayer la série de massacres qui endeuille depuis des mois la région de Beni.