Cameroun: condamnation confirmée pour Lydienne Yen Eyoum

L'avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum est détenue dans une prison camerounaise depuis janvier 2010.
© DR

Au Cameroun, la peine de Lydienne Yen Eyoum a été confirmée. Dans une audience ce mardi matin à Yaoundé, la Cour suprême a condamné la Française d'origine camerounaise à 25 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics. Le Tribunal criminel spécial l'avait condamnée une première fois en septembre dernier. La plus haute juridiction du pays vient donc de confirmer cette décision.

La Française avait été arrêtée en 2010. Cela fait cinq ans que ses proches se battent pour sa libération. Son mari, Michel Loyse, a accueilli cette décision de la Cour suprême de façon désabusée : « C’est toujours un choc, mais on s’y attendait. Ce n’est pas un scoop et moi, personnellement, j’étais relativement pessimiste. Ce sont des dégâts épouvantables pour la famille, c’est la fin d’une carrière de 25 ans et la confiscation de tous ses biens. Tout s’écroule ».

Lydienne Yen Eyoum est accusée d'avoir détourné un milliard de francs CFA dans une affaire de recouvrement entre l'Etat camerounais et la banque SGBC, une filiale franco-camerounaise de la Société Générale. Pour son avocate, maître Caroline Wasserman, cette somme correspond à des honoraires.

Elle dénonce une « magouille » entre l'Etat et la banque sur le dos de Lydienne Yen Eyoum : « Je suis sous le choc et scandalisée par cette décision qui est parfaitement inique. Bien sûr, on va continuer à travailler sur ce dossier avec notamment les instances du Quai d’Orsay, voir si des négociations peuvent s’ouvrir pour essayer de trouver une solution. Sauf qu’on a une difficulté, c’est que Lydienne m’a déjà fait savoir qu’elle refuserait une grâce présidentielle. Donc je ne sais pas comment les choses vont tourner, mais c’est vrai que nous sommes particulièrement inquiets et scandalisés ».

Le conseil des droits de l'homme de l'ONU dénonce une détention arbitraire

Maître Wasserman compte faire appel à la diplomatie française pour faire pression sur Yaoundé, car Lydienne Yen Eyoum n'a plus aucun recours judiciaire. Quelques heures après la décision de la Cour suprême, le conseil des droits de l'homme de l'ONU a sorti un rapport accusant le Cameroun de détention arbitraire dans cette affaire.

Mais le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, assure que « les droits de madame Eyoum ont été respecté. Tous ses avocats ont eu à faire valoir leurs arguments tout au long de son procès ». Pour lui, le conseil des droits de l'homme de l'ONU n'est qu'un « organe consultatif ». ce dernier fait un « procès d'intention au gouvernement camerounais » qui « n'est ni de près ni de loin impliqué dans ce procès ».

Parmi les soutiens de la Française, le franco-camerounais Michel Thierry Atanga, président du comité de soutien à Lydienne Yen Eyoum, appelle cette dernière à ne « jamais lâcher, ne jamais perdre confiance, rester sereine, tenir ». Il assure que lui et son comité vont « créer des évènements, des situations pour ne pas laisser Lydienne dans une situation d'oubli » pour la « sortir de cette situation ».

Je l'ai retrouvé à la prison et elle avait eu connaissance de la condamnation du Cameroun par le conseil des droits de l'homme de l'ONU. Ça l'a complètement transformé. Elle est repartie combattante !

Michel Loyse
10-06-2015 - Par Sébastien Nemeth

Lydienne Yen Eyoum est en Une de la revue de presse Afrique ce mercredi

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.