Le Nigeria prend le commandement de la lutte contre Boko Haram

Le président nigérian Muhammadu Buhari, lors du sommet d'Abuja sur la lutte contre Boko Haram, à Abuja, le 11 juin 2015.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Muhammadu Buhari, le nouveau président nigérian, a affiché jeudi 11 juin sa volonté de reprendre la main contre les islamistes de Boko Haram. Il a demandé à ses pairs de la sous-région le commandement de la future force régionale pendant toute la durée de « l'effort de guerre ».

Au-delà de cette volonté affichée, le sommet d'Abuja, qui réunissait les présidents des autres pays de la coalition - le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin -, a émis un certain nombre de recommandations. À commencer par la première des urgences, la mise en place de manière effective de l'état-major de la force multinationale mixte à Ndjamena. Officiellement inauguré le 25 mai dernier, l'actuel siège du quartier général de la force n'est que temporaire. Environ 30 millions de dollars sont nécessaires pour l'installer dans de nouveaux locaux et l'équiper. Les cinq Etats se sont entendus à apporter ce financement.

Les cinq Etats se sont ensuite engagés à déployer leurs soldats avant le 30 juillet 2015. La force sera comme prévu sous le commandement d'un haut gradé nigérian, le major général Buratai. Le commandant adjoint sera un Camerounais, puis changera au bout d'un an. Quant au chef d'état-major, il reviendra à un Tchadien. Là aussi, une rotation aura lieu au bout de douze mois.

Reste à trouver les financements pour un déploiement durable de l'opération. Le Nigeria a maintenu sa promesse de débourser 100 millions de dollars. Mais les chefs d'Etat du bassin du lac Tchad et le Bénin en appellent à une participation de l'Union africaine, qui devrait inclure un volet de développement de cette zone rongée par la pauvreté, et sollicitent aussi l'appui de l'Union européenne, de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Ils ont enfin demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de montrer, dans une déclaration, son soutien à la lutte contre Boko Haram.

Muhammadu Buhari assure avoir trouvé une oreille attentive lors de son déplacement à la dernière réunion du G7 à Berlin (Royaume-Uni, Etats-Unis, France, Allemagne, Japon, Canada : « J'ai été impressionné par la formidable sympathie qu'ils ont exprimée pour la sous-région. Ils veulent vraiment nous aider, et ils m'ont demandé de leur dire ce dont nous avions besoin. J'en ai parlé lors de notre réunion ce jour, et après la rencontre de l'Union africaine, nous nous mettrons d'accord sur ce qu'il conviendra d'envoyer à la présidente du G7. Ils sont vraiment désireux de nous aider, surtout depuis que Boko Haram a déclaré son obédience à Daesh. »

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