Situation tendue après le rejet de la destitution du président malgache

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina a lancé un appel à renouer le dialogue.
© AFP PHOTO / RIJASOLO

A Madagascar, la Haute Cour constitutionnelle a décidé samedi 13 juin de rejeter la demande de déchéance du président de la République votée il y a plus de deux semaines par les députés. Les députés frondeurs reprochaient au président d’avoir violé à plusieurs reprise la Constitution. Mais dans leur décision, les juges ont estimé leur requête de destitution infondée. Ils invitent les deux parties au dialogue, mais la situation reste tendue entre pouvoir exécutif et législatif.

Après l’annonce de la Haute Cour constitutionnelle, les députés se sont réunis longuement à l’Assemblée nationale. A la fin de leur huis clos, une simple déclaration lue par le député Jean-Jacques Rabenirina pour critiquer la décision des juges. « Ladite décision est certes irrévocable, toutefois nous constatons que d’une part celle-ci n’a pas répondu aux accusations portées contre le président de la République et d’autre part la Cour a pris une décision plutôt politique que juridictionnelle », a-t-il déclaré.

Les députés hésitent encore sur la riposte à donner et doivent se réunir. Mais de son côté, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a mis en garde contre toute nouvelle tentative de déstabilisation. « Je demande à tous de respecter l'Etat de droit et je ne tolèrerai pas une autre atteinte à cet Etat de droit », a-t-il déclaré.

Il lance toutefois un appel pour renouer le dialogue dans l’intérêt de la stabilité de la nation : « C’est la différence de points de vue qui a entraîné des tensions et des haines. Je lance donc un appel à tout le peuple sans exception, y compris l’opposition, pour observer l’intérêt de la nation, se donner la main pour développer notre patrie à nous tous, dialoguer, collaborer et consolider la solidarité nationale », a appelé le président malgache.

Mais la tension reste vive entre les deux parties. Et le président a toujours la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale. Quant aux députés, ils menacent de faire appel à la rue et souhaitent encore organiser des élections présidentielles anticipées. En tout cas, ils ne souhaitent pas en rester là.

C'est une décision qui ne nous satisfait pas alors que les arguments que nous avons apportés ont tous été étayés de preuves.

Christine Razanamahasao
14-06-2015 - Par Sébastien Nemeth

 

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