Attaques terroristes: le Tchad paye son engagement contre Boko Haram

Les forces de sécurité devant le commissariat central de Ndjamena visé par une attaque terroriste le 15 juin 2015.
© REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Le double attentat de ce lundi n'a pas été revendiqué. Mais les autorités tchadiennes y voient la marque du groupe islamiste Boko Haram. Une sorte d'acte de représailles après le déploiement de leurs troupes au Cameroun, au Niger et au Nigeria pour contrer l'expansion islamiste.

La menace d'un attentat de Boko Haram pèse sur la capitale tchadienne depuis l'implication du Tchad dans la lutte contre le groupe islamiste.

En janvier, déjà, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, avait défié dans une vidéo les présidents camerounais, nigérien et tchadien. Le 13 février 2015, les islamistes avaient lancé un premier raid en territoire tchadien contre la localité de Ngouboua. Ils avaient traversé le lac Tchad avec plusieurs hors-bords.

Très vite, des mesures de sécurité ont été prises dans Ndjamena et à ses abords. Les terroristes ont réussi à les déjouer ce lundi. Mais les autorités réaffirment qu'elles maintiendront le cap. « Le gouvernement poursuivra sans relâche la lutte contre les criminels de Boko Haram », a tenu à souligner le ministre tchadien de l'Information. « Ces terroristes sans foi ni loi, a-t-il dit, seront débusqués et mis hors d'état de nuire ».

Ndjamena accueille le quartier général de la force régionale chargée de lutter contre Boko Haram. Une force de 8 700 hommes sous commandement nigérian. La capitale tchadienne est également le siège de l'opération Barkhane, l'opération française de lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Des informations sur des cellules dormantes

Ahmad Allam-Mi, secrétaire général de la CEEAC et ex-ministre des Affaires étrangères du Tchad a fermement condamné cette attaque. Au-delà, il évoque des informations qui circulaient dans la région sur de possibles attaques par Boko Haram. « Nous étions très préoccupés par la situation, par les développements notamment au Nigeria de Boko Haram. Sa capacité opérationnelle, militaire, a été réduite, mais on a eu le sentiment qu’il allait réveiller des cellules dormantes dans les pays voisins, indique-t-il. On avait enregistré des renseignements çà et là, mais on ne savait pas où ils pouvaient frapper. Là, nous avons la preuve qu’ils se préparaient à attaquer Ndjamena, la capitale du Tchad, qui est à la porte du Nigeria, du lac Tchad. Evidemment, au niveau du secrétariat général, nous allons prendre nos dispositions pour que des dispositions soient prises de coopération entre les différents services de renseignement pour éviter ce type d’attentat. »

Cellule de crise au Tchad

Le Premier ministre s'est rendu sur les lieux des attaques lundi. Une cellule de crise a été installée sous son autorité. Les autorités assurent que la situation est désormais sous contrôle et que l'enquête avance. Dans un point presse, il est revenu sur les victimes et sur la détermination des autorités à lutter contre le terrorisme.

La ville doit être bouclée, fouillée et tous les suspects doivent être traqués, arrêtés.
Kalzeubé Payimi Deubet
16-06-2015 - Par RFI

Soutien américain

Les Etats-Unis condamnent de leur côté l’attentat à Ndjamena. La sous-secrétaire d'Etat américaine aux Affaires africaines a appelé à la mobilisation pour combattre le terrorisme. « Cette attaque renforce l’importance de ne pas baisser sa garde contre les terroristes, qui vont chercher toutes les opportunités possibles pour nous attaquer là où ils le peuvent », a déclaré Linda Thomas-Greenfield.

Cette dernière a d’ailleurs annoncé que les Etats-Unis allaient accroître leur coopération avec les pays membres de la force multinationale : « Nous sommes en discussion avec [les pays en lutte contre Boko Haram] pour voir comment nous pouvons renforcer notre soutien. Cela étant dit, nous coopérons déjà avec eux, nous leur fournissons des renseignements, de la formation, du soutien. Et nous sommes en train de voir avec [la] nouvelle administration comment nous pouvons renforcer notre aide au Nigeria. Nous avons également annoncé pendant [le] sommet de l’UA, une contribution de 5 millions de dollars à la force multinationale. » La diplomate a précisé enfin que des rencontres avaient eu lieu durant le grand raout de l’Union africaine à propos de ladite force afin de dégager des pistes pour une coopération plus accrue.

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