Pourquoi la CPI a renoncé à juger l’ex-rebelle Bosco Ntaganda en RDC

L'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda en décembre 2009 à Goma.
© REUTERS/Paul Harera

En RDC, la Cour pénale internationale change d'avis. Le procès de l'ex-rebelle congolais Bosco Ntaganda s'ouvrira bien au siège de la CPI à La Haye le 7 juillet et non dans le nord-est de la RDC, en Ituri, comme la CPI avait d'abord recommandé de le faire. Pourquoi ce changement ?

En déplaçant l'ouverture du procès à Bunia, dans le nord-est du Congo, l'idée était de « rapprocher le travail judiciaire de la CPI des communautés concernées ». Rendre l'exercice de la justice internationale directement visible en quelque sorte aux victimes des groupes rebelles toujours nombreux dans la région.

Mais finalement, ce qui devait être une première n'aura pas lieu. D'abord, car les 1 120 victimes qui doivent témoigner dans le procès de celui qu'on surnomme « Terminator », car réputé sans pitié, ont exprimé des craintes de voir Bosco Ntaganda ressurgir dans la région où il est accusé d'avoir commis tant de crimes. « Craintes de raviver des traumatismes », explique la CPI.

Un déménagement coûteux

Bosco Ntaganda, 41 ans, doit répondre de 18 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dont il était le chef militaire. Il est notamment accusé d'avoir lui-même violé et réduit en esclavage sexuel des jeunes filles de moins de 15 ans.

Se sont ajoutés à cela de nombreuses contraintes sécuritaires. Les environs de Bunia ont été encore récemment le théâtre d'affrontements entre l'armée et les FRPI, un groupe armé toujours actif. Résultat, le déménagement des juges, du greffe, de l'accusé, mais aussi de ses avocats de La Haye à Bunia s'est révélé trop coûteux : 600 000 euros pour deux jours d'audience de présentation.

Au final, c'est donc le choix de la raison qui l'emporte. Mais en RDC, peu de gens se disaient déçus mardi. « S’il y a des fonds disponibles pour déplacer le tribunal, il vaudrait mieux les utiliser pour les victimes de la guerre dans la région, pour construire des hôpitaux ou des écoles par exemple », estimait un député de l'Ituri. Plutôt que de prendre le risque de « réveiller de vieux démons ».

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