«Art Basel», entre Mark Rothko et Georges Adéagbo

« Les artistes et l’écriture », œuvre de Georges Adéagbo, exposée par la Galerie Wien Lukatsch à la foire internationale d’art contemporain Art Basel.
© Galerie Wien Lukatsch / Berlin

Art Basel, la foire d’art contemporain la plus réputée au monde, ouvre ses portes ce jeudi 18 juin à Bâle, en Suisse. Tableaux, sculptures, installations et vidéos, ce supermarché de l’art attire de plus en plus de riches collectionneurs, galeristes et amateurs éclairés. Parmi les pièces maitresses à vendre, un tableau de l’Américain Mark Rothko estimé à 50 millions de dollars. Côté raretés, on trouve un tableau intitulé « La France Orange » peint par Martial Raysse, ayant appartenu au couple présidentiel Georges et Claude Pompidou. Mais, cette année, entre les œuvres de Picasso et les tendances du moment, Art Basel met aussi à l’honneur un artiste africain hors pair.

Il s’appelle Georges Adéagbo. Il est Béninois. Son passetemps préféré : collecter tout ce qu’il trouve dans la rue : objets du quotidien, vieux journaux, coupures de livres... Il  mélange tout avec précision avec ses écrits personnels pour créer des installations horizontales. En phase avec l’art conceptuel, elles ressemblent à d’étonnantes racines sorties de terre. Georges Adéagbo creuse un dialogue entre sa culture africaine et celles des autres pays. Certaines œuvres tissent,  par exemple, des parallèles entre la guerre du Biafra et la Shoa. Critique envers le sentiment de supériorité des Blancs, il l’est aussi vis-à-vis des Africains.

Un artiste-chroniqueur impitoyable de notre époque

Rien ne prédisposait cet artiste, né à Cotonou, en 1942, à exposer un jour à la plus importante foire d’art contemporain du monde. Gamin, il se rêve en chef d’entreprise. Il fera finalement des études de droit avant d’arriver en France dans les années 1960. À la mort de son père, il rentre au pays. Il fait alors des cauchemars à répétition. Sa famille le prend pour un fou, le fait interner et débarrasse sans cesse la chambre des vieilleries accumulées par Georges Adéagbo, celui qui est devenu un artiste-chroniqueur impitoyable de notre époque avec des objets trouvés.

Art Basel, du 18 au 22 juin

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