Attentats de Ndjamena: le Tchad renforce ses mesures de sécurité

Au moins 27 personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées, le 15 juin 2015, dans un double attentat à Ndjamena. Les attaques ont été revendiquées par la secte islamiste Boko Haram.
© REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Le gouvernement tchadien a annoncé ce vendredi 19 juin plusieurs mesures pour renforcer la sécurité dans le pays, après le double attentat de lundi qui a fait une trentaine de morts.

En plus de l’interdiction de circuler à bord de voiture aux vitres teintées, une nouvelle série de mesures sécuritaires a été annoncée vendredi par le Premier ministre, Kalzeubet Payimi Deubet.

Selon lui, la menace terroriste exige des mesures strictes, notamment l’émission de nouvelles « cartes d'identité et de passeports » et « l’interdiction des activités et des lessives sur le fleuve Chari », qui sépare le Tchad du Cameroun.

Autre mesure symbolique, le gouvernement veut interdire, « sur l'ensemble du territoire national », le port du voile intégral « dissimulant le visage d'une personne, notamment dans les lieux publics ».

Le quotidien des Tchadiens bouleversé

Les prérogatives accordées aux forces de l'ordre sont par ailleurs renforcées, comme la possibilité de procéder à « des fouilles ciblées et inopinées sur les check-points et les places publiques ».

L'objectif de ces mesures est de limiter le risque d'un nouvel attentat, martèle le chef du gouvernement tchadien. Il admet toutefois que ces mesures pourraient être « sources de contraintes dans la vie de tous les jours », tout en assurant qu'elles « ne sont pas hors de portée des courageux Tchadiens ».

Reconstitution

Vendredi 19 juin, les enquêteurs du FBI arrivés la veille ont reconstitué avec leurs collègues tchadiens ce qui se serait passé lundi. Depuis le début de l’enquête, à part les indices recueillis sur place, aucun témoignage n’a permis d’évoluer, confirme une source proche du dossier.

En plus des suspects qui sont toujours interrogés, les éléments biologiques prélevés sur les corps des trois kamikazes ont été passés au peigne fin. A l’analyse, il n’y a aucune trace de leurs empruntes digitales dans le fichier d’identité nationale de la République du Tchad.

Soit il s’agit de ruraux qui n’ont jamais eu de carte d’identité nationale, soit d’étrangers, car leurs empruntes digitales n’ont pas été répertoriées. Il ne reste aux enquêteurs que les têtes des trois kamikazes pour déterminer d’où ils viennent et à partir de là, remonter à d’éventuels complices.

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