Burundi: la police ciblée par des attaques à la grenade à Bujumbura

Officiellement, une dizaine de policiers ont été blessés lors des attaques de vendredi soir. Les forces de l'ordre affrontent les manifestants anti-3e mandat depuis plusieurs mois dans les rues de Bujumbura.
© AFP PHOTO/PHIL MOORE

Plusieurs attaques vendredi soir dans la capitale Bujumbura ont fait officiellement une dizaine de blessés parmi les forces de l'ordre. Ces attaques surviennent près de deux mois après le début des manifestations conte le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza. Depuis, ce mouvement s'est fortement essoufflé. Et malgré les déclarations de l'armée et de la police, qui ont tenté d'apaiser une population prise de panique dès vendredi matin, avant ces attaques, beaucoup craignent ici que cela ne dégénère encore une fois dans ce pays.

Tout a commencé vers 19h30, selon le porte-parole adjoint de la police, par des attaques à la grenade simultanées dans le quartier de Cibitoke dans le nord de Bujumbura et de Jabe dans le centre. Onze policiers ont été blessés, dont un grièvement.

Ces attaques ont repris vers 22h00, là aussi deux attaques à la grenade, à Musaga et Kanyosha dans le sud de la capitale burundaise, cette fois sans faire de victimes.

Au total, ce sont huit grenades qui ont visé les forces de l'ordre vendredi soir, explique Pierre Nkurukiye, et à chaque fois, les policiers ont répliqué par de nombreux tirs à l'arme automatique, des tirs et des explosions entendus quasiment à travers toute la ville et qui ont semé un vent de panique.

Officiellement, le porte-parole adjoint de la police assure qu'il s'agit « d'attaques apparemment coordonnées perpétrées par des criminels non identifiés ». Mais en aparté, de hauts gradés de la police burundaise accusent clairement des franges radicales de la contestation contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, d'être responsables de ces actes. « C'est un changement de tactique, après l'échec des manifestations », expliquent-ils, en assurant les attendre de pied ferme.

L'opposition, elle, semble divisée sur la politique à adopter pour contrer Nkurunziza, à moins de dix jours des législatives et des communales voulues par son pouvoir.

Certains condamnent le recours à la violence et veulent privilégier la lutte politique, d'autres estiment que c'est « l'intransigeance » du président burundais qui pousse petit à petit ce pays vers la guerre civile. Et dans ces milieux, on parle d'un bilan plutôt lourd vendredi soir : une dizaine de policiers tués.

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