Conseil national de sécurité en Tunisie après l'attentat de Sousse

Le président Essebsi (deuxième à droite), son Premier ministre Habib Essid (deuxième à gauche) et le ministre tunisien de l'Intérieur Mohamed Najem Gharsalli (gauche), à Sousse après la tuerie, le 26 juin 2015.
© AFP PHOTO / FETHI BELAID

Le gouvernement tunisien a convoqué ce dimanche 28 juin au matin un conseil national sécuritaire à Tunis. Cette réunion doit rassembler des membres du gouvernement, des représentants de l'Assemblée nationale et toutes les instances sécuritaires et militaires du pays. L'objectif est de mettre au point un plan d'action efficace pour répondre à la menace jihadiste, deux jours après l'attentat de Sousse qui a coûté la vie à 38 personnes.

Alors que les critiques montent de toutes parts pour dénoncer l'inaction des autorités tunisiennes depuis l'attentat du Bardo il y a trois mois, au surlendemain de l'attaque de Sousse, le gouvernement tunisien annonce une série de mesures censées rassurer et démontrer sa capacité à répondre efficacement à la menace terroriste.

Certaines mesures avaient déjà été largement évoquées ces dernières semaines, comme la sécurisation des sites touristiques, avec des patrouilles militaires à l'extérieur et à l'intérieur des hôtels, mais ça n'a pour autant pas permis d'éviter la tuerie de Sousse, qui a fait 38 morts dont au moins 15 Britanniques. Cette fois, le gouvernement parle de rappeler des réservistes pour renforcer les forces de sécurité, et d'opérations « coup de poing » pour démenteler des cellules terroristes.

Pour Taïeb Baccouche, ministre des Affaires étrangères et membre du parti Nidaa Tounes, il faut prioritairement contrôler les lieux de prière clandestins. Quatre-vingt mosquées « qui ne sont pas contrôlées » vont être fermées « provisoirement » dans les prochains jours, dixit le ministre, « pour ne pas laisser hors de contrôle les gens qui font du prosélytisme, qui font surtout du jihadisme et qui lavent le cerveau des jeunes ».

La Tunisie détient le triste record du nombre de jeunes partis faire le jihad aux côtés de l'organisation Etat islamique en Syrie. Le pays souhaite mieux contrôler le parcours et le retour de ces 3 000 apprentis terroristes. Mais faute de moyens, la Tunisie lance un appel à ses partenaires. « La Tunisie ne peut pas faire face à tous ses défis toute seule », plaide Zied Ladhari, ministre de la Formation professionnelle et de l'Emploi, membre du bureau exécutif du parti Ennahda.

La Tunisie, qui regarde avec inquiétude la plongée dans le chaos terroriste de son voisin libyen, « a besoin de la France, elle a besoin de l'Europe, elle a besoin des Etats-Unis en matière de coopération sécuritaire, en matière de moyens pour lutter beaucoup plus efficacement contre ces filières terroristes », ajoute M. Ladhari.


DÉCLARATION

Le ministre tunisien Zied Ladhari explique quels sont les objectif de cette réunion extraordinaire du jour :

« Compte tenu de ce qu'il s’est passé, ça ne peut pas être un Conseil des ministres ordinaire. En réalisant à quel point ces événements tragiques sont une attaque lâche contre des visiteurs de la Tunisie, des hôtes de la Tunisie, nous considérons que c’est une attaque contre l’économie tunisienne, contre le modèle de réussite démocratique que représente aujourd’hui la Tunisie. Ce n’est pas pour nous une grande surprise, même si le lieu, la gravité et la cible de l’attaque… on ne s’attendait pas à cela.

Mais évidemment, nous allons mobiliser toutes nos énergies, tous nos efforts, toutes nos forces - c’est une guerre - et évidemment, nous allons prendre toutes les mesures pour adapter notre réponse à cette menace terroriste. Il y a déjà une mesure très importante, qui était d’introduire les forces de sécurité dans tous les lieux touristiques, dans tous les établissements hôteliers, de manière à ce qu’ils assurent la sécurité optimale de tous les touristes, de manière à ce que ce qui s’est passé ne se reproduise pas à l’avenir. »

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