A l'hôpital de Sousse, le traumatisme des blessés de l'attentat

A l'hôpital Sahloul de Sousse, un touriste anglais blessé lors de l'attaque terroriste du 26 juin 2015.
© AFP PHOTO/FETHI BELAID

Des milliers de touristes ont déjà quitté la Tunisie. Traumatisés par l'attaque de l'hôtel Marhaba à Sousse, beaucoup préfèrent être rapatriés au plus vite par crainte pour leur sécurité. A l'hôpital Sahloul de Sousse, une partie des victimes ont été prises en charge.

Allongée sur son lit, Imène, jeune mère de famille, a été lourdement touchée. Des bandages recouvrent encore une bonne partie de son corps. Très faible, cette employée de l'hôtel peine à prononcer le moindre mot. Alors, c'est une amie qui raconte à sa place, la voix tremblante, au bord des larmes.

« Les images, les images, les images... Ça revient, toutes les images reviennent et elle a peur. Elle a peur et elle fait des cauchemars, elle ne peut pas dormir. Et elle dit hamdoulah " [Dieu merci] ! " hamdoulah ", qu’elle est en vie et... Et heureusement elle est encore là ! »

De telles blessures par balle, le chirurgien Karim Boitour n'en avait pas vues depuis la révolution de 2011. « Ce sont des blessures par arme de guerre ! On a extrait les balles, c’est du gros calibre et évidemment, ça donne des lésions importantes des parties molles et des lésions osseuses. Souvent, ce ne sont pas des fractures simples, ce sont des éclatements. Donc c’est très compliqué. »

Dans les couloirs de l'hôpital, certains Tunisiens viennent distribuer des bouquets de fleurs aux rescapés. Autre signe de la solidarité de la population, en voyant le nombre de blessés, beaucoup se sont rendus spontanément à l'hôpital pour donner leur sang.

Les Tunisiens se sont bousculés à l'hôpital Sahloul de Sousse pour donner leur sang, en aide aux blessés de l'attentat meurtrier de l'hôtel Riu Imperial Marhaba. © AFP PHOTO/FETHI BELAID

D'autres blessés quittent progressivement l'hôpital pour être rappatriés dans leur pays. Parmi eux, Claude Pesser, un touriste belge. Il était au bord de la plage avec sa femme lorsqu'il a entendu les coups de feu. Dans sa fuite, le tireur l'a touché à la jambe. Ce retraité de 66 ans s'estime chanceux d'être encore en vie.

« Une panique comme ça… Ça ne peut pas s’oublier ! On voit le type qui tire ! Et quand t’es là au milieu, t’as qu’une solution, c’est courir ! Mais où ? Par où ?

Quand t’es là au milieu, t’as qu’une solution, c’est courir ! Mais où ? Par où ? Sur une plage il n’y a rien pour se cacher, il n’y a pas d’arbres, il n’y a rien !

Claude Pesser, un Belge blessé pendant l'attentat de Sousse
28-06-2015 - Par Jihane Bergaoui

Sur une plage il n’y a rien pour se cacher, il n’y a pas d’arbres, il n’y a rien ! Je pense que même si vous recevez une balle dans le ventre, vous courez toujours. Ce n’est pas une balle qui arrête un homme quand vous avez peur ! Et je vous garantis que vous avez peur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte qu’il y a un type qui tire, et à la mitraillette, à vingt-cinq mètres de vous, à trente mètres de vous ! Il n’y a rien à faire, vous courrez. Vous sauvez votre peau. Il n’y a pas d’autre solution. Je voulais six semaines en Tunisie : trois semaines au mois de juin et trois semaines au mois de septembre. Mais je ne viendrai plus, c’est fini. Non, c’est trop dangereux. J’ai eu une fois la chance, faut pas forcer la chance. »

Ci-dessous, écouter la version audio du reportage de notre correspondante :

Les images, les images, les images... Ça revient. Toutes les images reviennent et elle a peur. Elle a peur et elle fait des cauchemars, elle ne peut pas dormir.

A l'hôpital Sahloul de Sousse après l'attentat de l'hôtel Riu Imperial Marhaba
28-06-2015 - Par Jihane Bergaoui

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