Côte d’Ivoire: inquiétude après les attaques au sud du Mali

Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, ici photographié en 2014, souhaite rassurer la population, après les attaques jihadistes commises à seulement une vingtaine de kilomètres de la frontière ivoirienne.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

En Côte d'Ivoire, l'inquiétude monte. Le groupe jihadiste Ansar Dine a revendiqué mardi 30 juin l'attaque commise dimanche dans le sud du Mali. En moins de trois semaines, cela fait deux fois que des attaques ont lieu à seulement une vingtaine de kilomètres de la frontière ivoirienne. Le groupe terroriste menace désormais de frapper le pays.

« Il faut rassurer la population, toutes les mesures nécessaires seront prises. » Le porte-parole du gouvernement ivoirien veut apaiser les esprits. Des renforts militaires ont été envoyés dans le nord du pays, assure le prote-parole du gouvernement Bruno Koné, sans vouloir en dire plus.

Depuis les deux attaques perpétrées au sud du Mali, tout près de la frontière ivoirienne, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire a, elle aussi, déployé des bataillons dans la zone.

La crainte s'installe

Pourtant, la crainte semble peu à peu s'installer. « Les députés du Nord sont inquiets », déclare ainsi Pierre Gaho Oulatta. « Maintenant il faut être vigilant. Il faut rassurer les populations, faire en sorte qu’elles soient en synergie avec l’action gouvernementale, faire en sorte que nos jeunes qui sont des proies faciles au recrutement soient pris en compte, faire en sorte que l’immigration à nos frontières soit contrôlée et que les services de renseignement se mettent au travail », poursuit le président de la Commission sécurité et défense de l'Assemblée. « On m'appelle de toute la Côte d'Ivoire depuis les dernières attaques », conclut-il.

En effet, dans le nord du pays, la méfiance est de mise. « Ces menaces, ici ca fait peur », raconte Lanciné, joint par RFI. Le jeune homme vit à Odienné, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière malienne. « Ceux qui vont aux champs prennent des précautions, et nous, dit-il, on évite les lieux publics. »


Les menaces officielles d'Ansar Dine

Après leurs attaques dans les deux localités maliennes, les jihadistes du groupe Ansar Dine et leurs alliés menacent ouvertement de s'en prendre aux pays voisins du Mali, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie.

Les islamistes du groupe Ansar Dine et leurs alliés menacent officiellement la Mauritanie et la Côte d’Ivoire. Un prêcheur radical connu sous le nom d’Ismail Khalil accuse ces deux pays de travailler pour les « ennemis de l’islam », selon les termes utilisés par les jihadistes pour qualifier la France et d’autres pays européens.

A la fois membres d’Ansar Dine, et proche d’un certain Amadou Koufa, autre prêcheur radical de la région de Mopti, situé au centre du Mali, Ismail Khalil explique que leur mouvement est constitué de combattants plusieurs nationalités. A Bamako, des services de sécurité expliquent qu’effectivement, au côté du groupe Ansar Dine de Iyad Ag Ghali, on retrouve des extrémistes du sud, mais que la situation est plutôt sous contrôle, en tout cas pour le moment.

Les mêmes sources reconnaissent aussi que cette coalition de jihadistes a deux atouts à ne pas négliger. D’abord à Nara, ils ont installé leur base dans la forêt du Wagadou, quasiment imprenable. Et côté sud du Mali, à la frontière ivoirienne, une autre base, la forêt de Sama. Les déloger de ces deux endroits stratégiques devient peut-être une urgence.

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