Congo: Sassou-Nguesso annonce la tenue du dialogue du 11 au 15 juillet

Denis Sassou-Nguesso, ici à Bruxelles le 3 mars 2015, s'est prononcé plusieurs fois en faveur d'une réforme constituionnelle, ce qui lui permettrait de se représenter.
© AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Après avoir consulté quelque 400 concitoyens entre fin mai et début juin sur la vie de la nation et de l'Etat, le président congolais Denis Sassou-Nguesso a annoncé mardi 30 juin à la télévision publique qu'il allait convoquer un dialogue national du 11 au 15 juillet. Ce dialogue sera l'occasion d'aborder les questions liées à l'organisation des élections à venir, notamment la présidentielle de 2016 à laquelle il est constitutionnellement exclu. L'avenir des institutions sera également débattu au cours de cette messe.

« J'ai arrêté que le dialogue national aura lieu du 11 au 15 juillet 2015 », a déclaré dans un bref message télévisé le chef de l'Etat, que l'opposition soupçonne de vouloir changer la Constitution du Congo-Brazzaville pour pouvoir briguer un nouveau mandat en 2016.

Il a ensuite détaillé sa proposition : « j'ai décidé de mettre en place une commission préparatoire du dialogue national au sein de laquelle il y aura un comité d'experts chargé d'apporter des éléments de réponses techniques aux questions suivantes : comment devrait-on organiser au mieux les scrutins à venir dans notre pays ? Fait-on, oui ou non, évoluer les institutions de la république ? Si c'est oui dans quel sens souhaite-t-on les faire évoluer ? Et si c'est non, pourquoi ? Tous les éléments de réponse seront mis à la disposition des participants au dialogue. », a-t-il fait savoir.

Pierre Ngolo le secrétaire général du PCT, le parti au pouvoir, salue ces annonces : « Nous espérons qu’à ce stade-là, tous les Congolais feront l’effort de comprendre que nous avons intérêt à nous asseoir ensemble pour cogiter, échanger sur les questions d’intérêt national ».

Le président Sassou-Nguesson'a cependant pas précisé quels seront les partis et les personnalités conviés à ces discussions. L'opposition, qui a boycotté les consultations présidentielles organisées en mai et juin pour préparer ce dialogue, ne se montre pas favorable à ces pourparlers.

« Cette fois-ci on nous fera pas le reproche de ne pas être partie à l’invitation du président de la République. Parce qu'on a l’impression que tout est déjà pratiquement cuit. Hier on appelle les partis politiques, les associations, juste pour la bonne forme. Mais on a dit et redit qu’aujourd’hui nos institutions ne posent aucun problème. Le vrai problème c’est la gouvernance électorale, donc tout dialogue qui se ferait autour de ce sujet nous y serons. Mais ce fourre-tout, ce mélange de genre, ça n’a aucun sens », a réagi Pascal Tsaty, premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), le premier parti d'opposition.

Même position pour Mathias Ndzon, le président de l'ARD, parti d’opposition, qui rejette ces annonces : « Le dialogue est quelque chose de consensuel, toutes les parties doivent asseoir. Le président dit qu’il va créer une commission préparatoire, mais ce n’est pas à lui de le faire, c’est à la classe politique. Ce n’est pas à lui de déterminer l’ordre du jour. Il n’y a aucun Congolai qui veut changer la Constitution. Le président veut passer en force ».

Pour Denis Sassou-Nguesso, « le dialogue est porteur de progrès, de compréhension mutuelle et d'apaisement ». Âgé de 72 ans, M. Sassou cumule plus de trente ans de pouvoir, et la Constitution congolaise lui interdit de se représenter pour un nouveau mandat. Le chef de l'Etat avait déjà évoqué l'éventualité d'une consultation du peuple sur une modification de la Constitution.

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