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France Bénin

François Hollande en Afrique: première étape au Bénin

Le président du Bénin, Thomas Boni Yayi était en visite en France, le 9 juin 2015, où il a été reçu par François Hollande.
© AFP PHOTO / POOL / THIBAULT CAMUS

C'est la première visite de François Hollande au Bénin. Le président français doit arriver ce mercredi à minuit à Cotonou et y prononcer ce jeudi matin un discours qui sera avant tout un message politique.

Le Bénin, c'est le pays de l'alternance - il y en a eu trois depuis 25 ans. Et c'est le pays où l'on ne change pas la Constitution pour rester au pouvoir - le président Boni Yayi a promis qu'il partirait en avril prochain.

C'est donc au Bénin que François Hollande va prononcer ce jeudi matin un discours sur la démocratie, qui sera d'ailleurs l'unique discours de sa tournée africaine, qui le conduira ensuite en Angola et au Cameroun.

La démocratie est une question brûlante, au moment où plusieurs chefs d'Etat africains sont tentés de changer les règles du jeu pour rester au pouvoir. On pense au Burundais Pierre Nkurunziza, au Rwandais Paul Kagamé et aux Congolais Denis Sasssou-Nguesso et Joseph Kabila. Ce jeudi matin, si le président français se prononce clairement contre les changements de Constitution, il sera donc applaudi ici à Cotonou.

Mais depuis deux semaines, il y a un fait nouveau qui complique la donne. Le nouveau Premier ministre du Bénin n'est autre que le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, qui a fait toute sa carrière à Paris, notamment aux côtés de Laurent Fabius, l'actuel ministre français des Affaires étrangères.

Si Lionel Zinsou se présente à la présidentielle béninoise de l'année prochaine, ses adversaires l'accuseront sans doute d'être le candidat de Paris. Ce jeudi matin, chaque mot, chaque geste de François Hollande à l'égard de Lionel Zinsou sera donc écouté et observé avec la plus grande attention.


 ■ Que représente cette visite pour le Bénin ?

 

Cette visite est une étape supplémentaire dans un dialogue politique entamé depuis longtemps. Le président Boni Yayi avait invité François Hollande en 2012 alors qu'il était le premier chef d'Etat d'Afrique subsaharienne à se rendre à l'Elysée. En retour, le président français avait promis de venir.

Cette visite est une reconnaissance pour l'engagement béninois en faveur de la sécurité régionale en Afrique. Alors qu'il présidait l'Union africaine, Boni Yayi avait soutenu l'intervention française au Mali. Evidemment le dossier Boko Haram sera évoqué, le Bénin ayant mobilisé 700 soldats qui sont toujours en attente.

Dans le domaine économique, le Bénin peut compter sur un renforcement de la coopération, qui est déjà bonne, deux accords en faveur de l'enseignement et de l'agriculture durable seront signés. Il peut espérer aussi de nouveaux investissements. Le nouveau Premier ministre Lionel Zinsou animera une séance avec une délégation d'hommes d'affaires.

Et puis il y a un enjeu politique pour le Bénin, qui connaîtra l'alternance l'an prochain avec la fin du second et dernier mandat de Boni Yayi. Dans un discours au palais présidentiel, François Hollande devrait rappeler que ce pays est un modèle de démocratie et de stabilité, auquel les Béninois ont montré leur attachement depuis 1990.

La dernière visite d'un président français, celle de Jacques Chirac, remonte à 20 ans. Donatien, conducteur de taxi moto, s'en souvient et se réjouit de la venue de François Hollande...

Que pensent les Béninois de la visite de Hollande ?
01-07-2015 - Par RFI

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