Mali: six casques bleus tués dans une attaque revendiquée par Aqmi

Des casques bleus en patrouille à Tombouctou, en mai 2015.
© AFP PHOTO / ALOU SISSOKO

Au Mali, une embuscade a été tendue ce jeudi à un convoi de casques bleus entre Goundam et Tombouctou. Bilan toujours provisoire : six soldats originaires du Burkina Faso tués et cinq blessés. Aqmi a revendiqué l’attaque.

L’embuscade a été revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique. Les combattants qui ont mené l’opération étaient visiblement très informés. Ils savaient qu’un convoi de casques bleus de l’ONU allait parcourir ce jeudi 45 kilomètres, de la localité de Goundam à Tombouctou. Il s’agissait de militaires de l’ONU originaires du Burkina Faso qui se rendaient dans la capitale régionale en week-end pour décompresser après des semaines de dur labeur.

Le convoi roulait à vive allure. Les islamistes connaissaient aussi visiblement le nombre de casques bleus dans le convoi. Ces islamistes étaient lourdement armés, notamment de roquettes. Lorsqu’ils ont attaqué, les soldats de la paix ont été surpris. « Ça a été très violent », explique une source très informée. Le nouveau bilan provisoire est de six casques bleus tués et cinq blessés. Des véhicules de la mission de l’ONU ont aussi été détruits. En deux ans sur le territoire malien, ce sont au total 43 soldats de l’ONU qui ont été tués et 163 autres blessés. Et la tâche s’avère de plus en plus difficile pour ces soldats de la paix.


Un nouveau front au Sud

Dimanche dernier, c'est la ville de Fakola, près de la frontière ivoirienne au sud, qui était visée par une attaque revendiquée par le groupe Ansar Dine. Un nouveau front sur lequel les forces maliennes se sont déployées cette semaine pour tenter de traquer les combattants jihadistes. Sans les casques bleus de la Minusma, ni la force Barkhane.

Barkhane concentre ses efforts dans le Nord, « là où les groupes terroristes ont une présence avérée depuis longtemps ». C'est ce qu'explique un porte-parole de la force française qui précise qu'un repositionnement à la frontière ivoirienne n'est pas à l'ordre du jour, même s'il n'est pas non plus totalement exclu, si ce nouveau front devait se confirmer.

Pour les casques bleus de la Minusma, en revanche, un tel déploiement, dans le sud du pays, n'est pas du tout envisagé. « Les autorités maliennes ne nous ont pas sollicités, souligne Radhia Achouri, porte-parole de la Minusma. Il faut se rappeler toujours que le Mali, c’est un Etat souverain. La sécurité du territoire, surtout où les forces armées ou les forces de sécurité maliennes (police et gendarmerie) sont déployées, c’est leur responsabilité en premier chef. La Minusma est déployée dans les zones où la présence de l’Etat et de ces forces de sécurité et de l’armée est réduite ou absente. »

Les casques bleus sont donc mobilisés dans les trois régions du Nord ainsi que dans celle de Mopti, à la limite entre le Nord et le Sud. Enfin, contrairement à la force Barkhane, le nouveau mandat de la Minusma adopté mardi dernier n'inclut toujours pas la lutte antiterroriste.