RFI invite l’Afrique et les Caraïbes au Festival d’Avignon

Les auteurs de l'édition 2015 de « Ça va, ça va, le Monde ! », un cycle de lecture organisé par RFI, du 16 au 21 juillet au Festival d'Avignon : Aziz Chouaki, Sony Labou Tansi, Yanick Lahens, Pedro Kadivar, Leonora Miano, Julien Mabiala Bissila.
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Moscou, Buenos Aires, Berlin, Wroclaw, Tallinn, Beyrouth, Le Caire… la carte du monde dessinée par le Festival d’Avignon (4-25 juillet) n’est pas tout à fait un planisphère. À l’exception de la chorégraphe sénégalaise Fatou Cissé, peu d’artistes africains se retrouvent sur scène. Dans cette édition 2015, c’est donc dans un jardin, celui du Gymnase du lycée Saint-Joseph, qu’il faut aller pour entendre les voix de Brazzaville, de Douala ou de Port-au-Prince. Pas tout à fait un rituel, mais déjà une habitude, RFI propose, du 16 au 21 juillet, pour la troisième année consécutive un cycle de lectures. « Ça va, ça va, le Monde ! » : six textes d’auteurs contemporains venant d’Afrique, des Caraïbes ou du Moyen-Orient.

Cette année encore, place est faite à la découverte de nouveaux textes écrits parfois par des auteurs largement reconnus comme l’Haïtienne Yanick Lahens (Prix Femina 2014) ou la Camerounaise Leonora Miano (Prix Femina 2013)  mais aussi à des plus jeunes comme le Congolais Julien Mabiala Bissila ( Prix Théâtre RFI) ou l’Iranien Pedro Kadivar qui tout en vivant dorénavant à Berlin écrit dans un français le plus pur. Tous s’emparent du monde pour mieux le faire surgir sur scène, avec les mots de tous les français parlés dans la Francophonie.

Hommage à Sony Labou Tansi

Hommage au grand homme, Ça va, ça va, le Monde ! s’ouvre cette année avec un texte de Sony Labou Tansi pour célébrer la mémoire et la plume toujours vive et corrosive de cet auteur disparu il y a 20 ans et que RFI contribua à faire émerger. Notre choix s’est porté sur  Je, soussigné cardiaque, car ce texte remporta le Concours Théâtral Interafricain en 1977 organisé par la radio mondiale, mais il est également un brulot toujours d’actualité contre les despotismes de tous genres. L’instituteur Mallot est encore aujourd’hui un symbole complexe de la liberté, tout comme Sony est le maitre à écrire de toute la nouvelle génération d'auteurs parmi lesquels se trouve Julien Mabiala Bissila. Premier lauréat du nouveau Prix Théâtre RFI, ce jeune Congolais pas encore quadragénaire s’est fait remarquer par un texte « d’une grande liberté et d’une puissance langagière » selon les termes de l’écrivain Alain Mabanckou, président du Jury. Accompagné de deux musiciens, Julien Mabiala Bissila lira Chemin de fer, un texte sur la guerre, écrit à l’intérieur de la guerre, où voisinent la plus grande férocité et la plus grande drôlerie, dans la grande tradition de l’école congolaise où le théâtre est considéré comme un contre-pouvoir.

En partance pour Lampedusa

Des textes, des émotions, les faits du monde ! Ça va, ça va, le Monde ! propose cette année encore de faire dialoguer théâtre et actualité, car par la magie de l’énoncé sur scène et de l’adresse au public, le monde devient indélébile. Comment oublier Socrate, Rachid ou Boualem, tous en partance pour Lampedusa, sous la plume d’Aziz Chouaki qui s’empare de la tragédie des migrants qui traversent jour après jour la Méditerranée. Comment ne pas être ému en entendant les errances du héros de Pedro Kadivar en perpétuel exil qui dit «  je ne suis pas de ce pays, mais je le connais. Je ne connais pas ce pays, mais j’y suis né. »  Comment ne pas être touché par L’oiseau Parker dans la nuit, ce monologue d’une femme face à l’absence, imaginé par Yanick Lahens en écoutant Bird et dont la comédienne Mireille Perrier dit : « Les souvenirs sont ravivés de façon si sensible qu'on pourrait penser davantage a une séparation qu'à un deuil. »

Tous ces textes lus au jardin du Gymnase du lycée Saint-Joseph seront ensuite diffusés sur rfi.fr et sur les antennes de RFI à partir du dimanche 26 juillet. Quand les feux d’Avignon s’éteindront, le festival continuera sur les ondes, pour faire vivre ces théâtres du monde !

► Ça va, ça va, le Monde !, du 16 au 21 juillet, de 11h30 à 12h30, dans le Jardin du Gymnase du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Un cycle de lecture coordonné par Pascal Paradou, dirigé par Catherine Boskowitz, avec le soutien de la SACD. Entrée libre.

JEUDI 16 JUILLET 2015 :
JE, SOUSSIGNÉ CARDIAQUE</b>
, de Sony Labou Tansi (Congo)
Metteure en scène : Catherine Boskowitz. Lu par Marcel Mankita, Eddie Chignara, Mireille Roussel, François Raffenaud, Gustave Akakpo, Bertrand Amiel (artiste bruiteur).

VENDREDI 17 JUILLET :
CHEMIN DE FER, de Julien Mabiala Bissila (Congo), Prix Théâtre RFI 2014
Mise en scène et lecture : Julien Mabiala Bissila. Musique : Gilles Campaux (batterie), Stéphane Bensimon (Violoncelle).

SAMEDI 18 JUILLET :
L’OISEAU PARKER DANS LA NUIT, de Yanick Lahens (Haïti)
Metteure en scène : Catherine Boskowitz. Lu par Mireille Perrier.

DIMANCHE 19 JUILLET :
ESPERANZA (LAMPEDUSA), d’Aziz Chouaki (Algérie)
Metteure en scène : Catherine Boskowitz. Lu par Mouss Zouheiry, Hammou Graïa, Marcel Mankita, Raphaël Almosni, François Raffenaud, Bertrand Amiel (artiste bruiteur).

LUNDI 20 JUILLET :
RED IN BLUE TRILOGIE : TOMBEAU, de Leonora Miano (Cameroun-France)
Metteure en scène : Catherine Boskowitz. Lu par Atsama Lafosse, Marco Codjia, Mylène Wagram, Myriam Tadessé.

MARDI 21 JUILLET :
PIÈCE DE PRINTEMPS. PAYS NATAL, de Pedro Kadivar (Iran)
Metteure en scène : Catherine Boskowitz. Lu par Samuel Achache, membre du collectif artistique de la comédie de Valence et Vladislav Galard, Léo-Antonin Lutinier et Thibault Perriard, les comédiens de Fugue – Création La Vie Brève, Production La Comédie de Valence – Centre dramatique national Drôme-Ardèche.

 
► En attendant les lectures au Festival d’Avignon 2015, du 16 au 21 juillet 2015, voici le lien pour (re)vivre l’édition 2014 de Ça va, ça va, le Monde !.

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