Visite de Sassou-Nguesso à Paris sur fond de polémique au Congo

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, à l'Elysée, le 9 avril 2013.
© AFP/Bertrand Langlois

A peine rentré de sa tournée africaine, le président français, François Hollande, rencontre à l’Elysée, mardi 7 juillet dans l’après-midi, son homologue congolais, Denis Sassou-Nguesso. Une rencontre qui se déroule dans un contexte politique plutôt tendu car le chef de l'Etat congolais a convoqué un dialogue national, à partir de samedi, pour évoquer la gouvernance électorale et la réforme des institutions. Beaucoup d'opposants soupçonnent le président de préparer une réforme de la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Ils demandent une position ferme de la France.

A l'Elysée, le climat politique congolais est suivi de près. Dans l'entourage de François Hollande, on se dit convaincu que Denis Sassou-Nguesso essaye de savoir s'il peut changer la Constitution. Le dialogue national du 11 juillet serait donc un ballon d'essai pour tester les réactions des uns et des autres.

Selon une bonne source, le cas congolais a d'ailleurs été évoqué, vendredi 3 juillet, à Luanda, lors du tête à tête entre le président français et son homologue angolais, José Edouardo Dos Santos.

Les deux chefs d'Etat seraient sur la même ligne, autrement dit, la présidentielle congolaise de 2016 doit se dérouler dans le calme et la stabilité. Le président Dos Santos aurait par ailleurs confié que, contrairement à 1997, si des violences éclatent au Congo, l'Angola n'interviendra pas pour soutenir Denis Sassou-Nguesso.

A Brazzaville, l'opposition attend beaucoup du face à face de l'Elysée. Selon Paul-Marie Mpouélé, coordonnateur du Frocad, François Hollande doit envoyer un message de fermeté, comme lors de ses mises en garde contre les réformes constitutionnelles, la semaine dernière, au Bénin ou au sommet de la francophonie de novembre, à Dakar.

Selon Pierre Ngolo, l'opposition craint le poids électoral du président Sassou-Nguesso et cherche l'aide de Paris pour conquérir le pouvoir. Pour le secrétaire général du PCT, parti présidentiel, la réforme constitutionnelle est une question de souveraineté qui ne peut être traitée que par les Congolais.