La France ménage le tourisme tunisien

Des touristes quittent les lieux après l'attentat meurtrier du 26 juin à l'hôtel Imperial Marhaba près de Sousse.
© REUTERS/stringer

Après l’attentat de Sousse, qui a coûté la vie à 38 personnes, le 26 juin dernier, le Foreign Office britannique et le gouvernement danois ont appelé leurs ressortissants à quitter la Tunisie, en raison du risque élevé d’un nouvel attentat. Une position qui n’est pas suivie par le Quai d’Orsay : le ministère des Affaires étrangères a annoncé hier que la France ne prévoyait pas de changer les consignes de prudence pour ses ressortissants. Cette décision ménage le secteur touristique tunisien, qui représente 14 % de la population active.

Les Français en Tunisie doivent, selon le site internet du ministère, être particulièrement vigilants, et éviter les zones frontalières avec l’Algérie et la Libye, sauf raison impérative. Mais ils ne sont pas appelés à quitter le pays. Le Quai d’Orsay a voulu rassurer vendredi, rappelant que la situation en Tunisie faisait l’objet d’une évaluation continue et que les autorités tunisiennes et françaises travaillaient en collaboration étroite.

De leur côté, les professionnels du tourisme ont fait un geste commercial pour limiter les dégâts dans le secteur : les vacanciers peuvent reporter la date de leur voyage ou modifier leur destination. Une mesure qui a fonctionné, selon Jean Marc Rouzé, porte-parole du Syndicat des agences de voyages françaises, car s’il y a eu beaucoup de reports, les annulations ont été moins nombreuses : « Les reports, selon les opérateurs, c’est de l’ordre de 20, 30 ou même 50 % pour certains, mais pas au-delà. Il y a quand même des clients qui ont maintenu leurs réservations notamment dans la partie du sud du pays, vers Djerba en particulier. »

La profession reste cependant pessimiste pour le reste de la saison, même si la Tunisie promet de tout faire pour assurer la sécurité des touristes. C’est d’ailleurs à Tunis que se réuniront les membres du G7, l’Espagne et la Belgique, la semaine prochaine.


 ■ Cascade d’annulations pour les évènements culturels

C'est un début plus compliqué que prévu. Le célèbre Festival international de Carthage, qui vient de s'ouvrir, compte déjà deux désistements dans sa programmation : l'artiste australienne Nathalie Imbruglia annule sa venue en août « par crainte pour sa sécurité », selon Sonia Mbarek, la directrice du festival. Autre annulation, celle d'une troupe de danse du Bolshoi polonais. Une décision prise après l'attaque à Sousse, qui a fait 38 morts.

Au festival international d'El Jem, c'est cette fois l'Orchestre symphonique de Vienne qui se désiste en raison également de la menace terroriste. Et à Sousse, c'est un label allemand de musique électronique qui jette l'éponge. Les organisateurs de cette soirée prévue fin juillet évoquent des inquiétudes liées à la proclamation de l'état d'urgence considéré, selon eux, comme un signal d'alerte des autorités tunisiennes.

Des autorités qui multiplient pourtant les messages rassurant. Mais jusqu'ici, le dispositif de sécurité renforcé ne semblent pas convaincre.

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