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Burundi Rwanda

Burundi: l’armée fait le bilan des affrontements dans le nord

Le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de l'armée burundaise.
© Burunditransparence.org

Au Burundi, quatre jours après les combats, l'armée a assuré lundi que les affrontements avec un groupe armé dans le nord du pays sont pratiquement terminés et qu'elle en est au ratissage « d'éléments résiduels ».

L’armée a voulu bien faire les choses. Elle a donc présenté le bilan de ces trois jours de combats à Ndora, à 95 km de Bujumbura et sur les collines escarpées du nord-ouest du Burundi, pas loin du théâtre des affrontements. Le bilan est sans commune mesure entre les deux forces qui se sont opposées.

Dans le camp ennemi, le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée burundaise, a indiqué que 31 combattants avaient été tués et 170 capturés, sans compter quelques 80 fusils de tous types retrouvés, allant de la simple kalachnikov au mortier 60, en passant par des mitrailleuses et autres lance-roquettes qu’il a exhibés à la meute de journalistes présents sur place.

Dans « le camp ami », a-t-il dit, six soldats ont été blessés, un civil tué et un autre blessé. C’est tout. Les journalistes ont eu beau insister, le colonel Baratuza a été formel en expliquant que « l’armée burundaise a remporté une grande victoire grâce à son professionnalisme ».

Vingt minutes plus tard, changement de décor. Tout le monde se retrouve sur le sommet d’une autre colline, un peu plus loin, pour voir enfin les fameux combattants capturés depuis trois jours. Ils sont là, par terre, dans leurs habits de tous les jours. Ils sont plus ou moins 80, sales, pieds nus, mourant presque de faim et de soif sous l’œil vigilant de dizaines de soldats et de policiers burundais. « Les autres prisonniers ne sont pas encore là », nous dit-on.

Le Rwanda pointé du doigt par les combattants présumés

D'où venait le groupe armé qui s'est infiltré dans la province de Kayanza, dans le nord du Burundi ? Du Rwanda voisin, dont les relations sont au plus mal avec Bujumbura ? Officiellement en tout cas, le gouvernement burundais n’a rien dit sur ce groupe armé qui est apparu brusquement vendredi matin dans le nord du pays, tout près de la frontière rwandaise. Mais la population sur place, le gouverneur de Kayanza, ne s’en privent pas et pointent du doigt le voisin du nord. Du côté de l’armée burundaise, c’est la prudence qui prévaut. Son porte-parole a botté en touche. « La population a donné son avis, a déclaré colonel Gaspard Baratuza. Chez nous dans l’armée, ce n’est pas encore temps de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse. Il faut du temps pour faire nos propres investigations, mais cela étant il y a des capturés qui vont témoigner. En attendant les témoignages, on ne peut pas confirmer. »

Ce sont les jeunes, présentés comme des combattants de ce groupe armé, qui se chargent de dire ce que les officiels ne veulent pas dire sous l’œil vigilant de nombreux policiers et soldats. Tous expliquent qu’ils ont été formés pendant deux semaines dans la forêt de Nyungwe au Rwanda, et par des instructeurs qui parlaient kinyarwanda, la langue nationale de ce pays. Et c’est de là, jurent-ils, qu’ils ont attaqué le Burundi vendredi. Mais preuve que les journalistes sont tenus à l’œil, un jeune confrère qui traduit à des journalistes anglophones est pris à partie par des officiels et très vite la tension monte.

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