Le procès du Tchadien Hissène Habré s'organise à Dakar

Devant les Chambres africaines extraordinaires où l'ex-président tchadien Hissène Habré a sera jugé.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Dans quatre jours s'ouvre le procès de Hissène Habré, ancien président tchadien renversé en 1990 par Idriss Déby, actuel numéro 1 du Tchad. Mardi 14 juillet, le procureur des Chambres africaines extraordinaires, un des avocats des victimes et des experts en justice internationale, ont détaillé aux intéressés le déroulement du procès.

Près de 200 journalistes et techniciens ont été accrédités auprès des Chambres africaines extraordinaires. Le procès pourrait durer au minimum trois mois, sachant que le mandat de ces chambres expire en février 2016. L'audience sera publique, mais seule la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) sera autorisée à enregistrer du son et de l'image tout au long du procès.

Ces images seront diffusées avec un différé d'une trentaine de minutes après filtrage. « Nous en sommes à la phase matérielle du procès, c'est-à-dire l'installation des équipements pour la visio-conférence et pour l'enregistrement, donc le filmage et la diffusion du procès. La RTS est actuellement au niveau de la salle d'audience pour poser les équipements nécessaires », explique le procureur des Chambres africaines extraordinaires Mbacké Fall.

La première phase du procès sera consacrée à l'examen de la personnalité d'Hissène Habré. Ensuite, chacune des charges retenues contre lui fera l'objet de débats. Des victimes, des témoins à charge et à décharge seront appelés. On attend une centaine de témoins en provenance du Tchad. Les victimes sont bien plus nombreuses, mais les contraintes financières ont empêché d'en faire venir plus.

Enfin, concernant l'attitude de l'accusé, qui a pour le moment décidé de garder le silence et qui se plaint de problèmes de santé, le procureur a précisé qu'en cas de refus de comparaître, la décision de le contraindre ou non à assister au procès reviendra au président.