Burundi: poursuite des négociations politiques et première fausse note

Le président ougandais Yoweri Museveni a amorcé les négociations politiques, ici le 15 juillet, avant de laissé la place à son ministre de la Défense.
© AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE

Le ministre ougandais de la Défense a poursuivi jeudi 16 juillet les négociations amorcées par le président Museveni. Crispus Kiyonga est arrivé à la mi-journée. Les discussions ont débuté avec du retard mais finalement toutes les parties se sont réunies autour de la table. Avec un objectif : établir une méthodologie pour mener ces négociations le plus rapidement possible, selon le souhait du présient Museveni. Mais les débats ont trainé en longueur. Et dans la foulée, un premier couac est survenu, le gouvernement diffusant un communiqué appelant à voter massivement le 21 juillet, alors que la date ne fait pas consensus.

D’abord, il fallait établir la liste des sujets à aborder. La médiation est-africaine avait établi une liste à l’issue des consultations menées par le président Museveni, détaillant tous les sujets que les parties souhaitaient aborder.

Quelques points ont été ajoutés ou précisés, mais comme le souhaitait la médiation ougandaise : aucun sujet tabou. Le 3e mandat, le calendrier électoral, le gouvernement d’union national, le désarmement des populations civiles, les médias, les prisonniers et même l’évaluation de toutes les dernières résolutions internationales issues des précédents sommets.

Ce qui aurait dû être une formalité c’est prolongé en d’interminables prises de paroles et salves d’accusation réciproques. Finalement, il faudra attendre ce vendredi pour que, comme le souhaitait la médiation ougandaise, les thèmes de discussions soient classés par ordre de priorité.

Autre débat : pour resserrer les échanges, il a été décidé que les participants devaient se regrouper par affinités. L’opposition souhaitait que deux groupes soient formées, que les participants soient divisés entre les partisans et les opposants au troisième mandat.

Mais pour le moment, la médiation semble souhaiter maintenir une dizaine de groupes qui reviendront vendredi avec chacun un porte-parole désigné, de gouvernement à l’opposition en passant par les leaders religieux, le secteur privé ou les femmes. La première étape de la 2e journée : les porte-paroles définiront les priorités pour ces négociations, avant de se retrouver en séance plénière.

L'épineux désaccord sur la date du 21 juillet

Alors que tous les sujets sont censés être sur la table, le gouvernement a publié un communiqué appelant les Burundais à voter massivement le 21 juillet. Le ministre de l'Intérieur Edouard Nduwimana, qui est l'un des représentants du gouvernement dans ces négociations, s'est expliqué suite à la diffusion de ce texte.

« Aucun dialogue ne peut autoriser la violation de la Constitution burundaise. Aujourd’hui, nous sommes dans un dialogue mais qui doit s’inscrire dans le cadre constitutionnel établi par notre loi fondamentale. [...] Le gouvernement, après avoir analysé la Constitution, quand il a soumis cette question à la Céni, a trouvé que la seule date possible pour respecter la Constitution c’était le 21, puisqu’il y a des élections sénatoriales le 24. On ne peut pas aller au-delà du 21, sous risque de violer la Constitution et de tomber dans un vide institutionnel. Nous négocions avant, pendant et après les élections », a-t-il argumenté.

Le reste des participants ne l'a appris qu’après plusieurs heures de discussions. Pour l’opposition, cela ne change rien, il ne s’agit que de la position d’une partie dans ces négociations. Mais Marina Barampama, secrétaire générale de l'UPD, se dit déçue. « Lorsqu’on les a vu s’asseoir avec nous pour dialoguer on s’était dit que c’était un bon signe pour les Burundais, qu’on allait arriver à quelque chose. Mais aujourd’hui participer au dialogue et faire le contraire en appelant les gens à aller voter le 21 alors qu’on ne s’est pas encore concerté sur la date… C’est une décision d’une partie en négociation, parce que comme l’a dit le médiateur on va échanger sur toutes les questions. Si il y a des élections le 21, pour nous, c’est une perte de temps parce que les élections organisées par une seule partie ce sont des élections qui ne seront pas crédibles, ça ne va rien arranger au Burundi », a-t-elle avancé.

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