Ebola en Guinée: «les résistances persistent»

Message de prévention sur le virus Ebola à Conakry en Guinée (octobre 2014).
© REUTERS/Michelle Nichols

A Conakry, un nouveau centre de prise en charge des malades d'Ebola a ouvert la semaine dernière. Ce centre de Médecins sans Frontières situé à Nongo remplace celui de Donka, qui avait ouvert dans l'urgence au sein de l'hôpital de Conakry. Le nouveau centre de Nongo, plus adapté, a donc accueilli ses premiers malades, une vingtaine environ. Car après plus d'un an et demi d'épidémie, le virus et les réticences n'ont toujours pas disparu.

Médecins, logisticiens, hygiénistes ... à Nongo, ils sont plusieurs dizaines à sillonner le centre de prise en charge des malades d'Ebola.

Oumi est infirmière. Sous la tente des visiteurs, elle salue un père de famille. « Le premier jour, il avait peur, il disait : ' non non non c'est fini pour mes enfants quand ils rentrent dans l'isolation, c'est fini pour eux '. Mais aujourd'hui, vraiment il est rassuré. Je lui ai dit on va te laver. Il a dit ' ah ! Je vais me laver avec le chlore, peut-être, ils ont mis le médicament dedans, si je me lave avec, Ebola va me prendre. Je lui ai dit : ' Non, mon frère, ce n'est pas ça, mais tu dois te laver parce que tu as été en contact avec tes enfants ». Plus d'un an d'épidémie, il faut encore faire de la pédagogie.

Toujours un coup de retard

Sur le site, une vingtaine de tentes blanches sont alignées. Deux d'entre elles, réservées à l'acueil des malades, sont vides mais pour Médecins sans Frontières le combat reste entier. « Les gens sont épuisés d'entendre parler d'Ebola et les résistances persistent » explique à RFI Marc Forget, le coordinateur d'urgence pour MSF. « On a encore des difficultés d'avoir accès aux gens et c'est comme si on jouait toujours un coup derrière l'épidémie, on est toujours en train de faire du rattrapage et ça c'était vrai au début, c'est encore vrai aujourd'hui. »

Selon l'ONG, entre 10 à 18 nouveaux cas d'Ebola apparaissent chaque semaine en Guinée depuis presque deux mois.

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19-07-2015 - Par Coralie Pierret

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