Afrique du Sud: la mission parlementaire choquée par l'état de Nkandla

Vue de la résidence secondaire du président sud-africain Jacob Zuma à NKandla.
© REUTERS/Rogan Ward/Files

En Afrique du Sud, un comité parlementaire a visité ce mercredi la résidence secondaire de Jacob Zuma située à Nkandla. Le comité a pour mission d'évaluer le rapport du ministre de la Police publié en mai concernant les aménagements luxueux réalisés dans la résidence du président sud-africain aux frais du contribuable, pour un montant de 19 millions d'euros.

La visite de terrain s'est déroulée sous une pluie battante et a été émaillée par des tensions entre membres de l'ANC et de l'Alliance démocratique. Avant cette sortie, le ministre de la Police avait défendu fermement son rapport devant le comité parlementaire. Dans ce rapport, il rejetait les conclusions d'un précédent rapport de la médiatrice de la République et estimait que le président n'avait pas un centime à rembourser. Il estimait même que de nouveaux frais pourraient être engagés dans la résidence de Jacob Zuma car, selon lui, la sécurité de Nkandla a été mise en péril par l'attention médiatique.

Le président du comté parlementaire s'est exprimé devant la presse juste après cette inspection. Il s'est dit « choqué » par l'état de la propriété de Nkandla. Selon lui, les installations construites sur le terrain « ne valent pas les 19 millions d'euros qui ont été investis ». Une bonne partie des dépenses concernent 21 maisonnettes destinées à loger des membres de la police et de l'armée. Leur construction a coûté près de 10 millions d'euros, mais les logements apparaissent spartiates et en mauvais état. Selon le président du comité, ces baraquements ne devraient pas faire partie des dépenses de sécurité car ils sont construits en dehors de la propriété de Nkandla.

En revanche, la piscine présentée comme un bassin de rétention d'eau « est bel et bien une piscine », selon lui. « Même si cette réserve d'eau peut être utilisée en cas d'incendie », a-t-il précisé. Il a estimé que des poursuites doivent être engagées contre les officiels du ministère des Travaux public. En revanche, il assure que le président Jacob Zuma est loin de vivre « dans le confort et la sécurité » contrairement à ce qu'a écrit la médiatrice de la République dans son rapport.