Congo: les opposants réunis à Brazzaville pour un dialogue alternatif

Brazzaville, capitale du Congo.
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La présidentielle doit se tenir en juillet 2016, mais au Congo-Brazzaville, le sujet agite déjà la classe politique. Après le dialogue national organisé par le pouvoir à Sibiti et boycotté par une partie de l'opposition, les opposants se réunissent à leur tour à Brazzaville.

Les opposants congolais veulent réagir aux conclusions du dialogue national controversé organisé à Sibiti, au cours duquel des membres de la classe politique ont réclamé un référendum sur une nouvelle Constitution. Depuis le début, l'opposition dénonce une manœuvre de l'actuel président Denis Sassou-Nguesso pour s'accrocher au pouvoir.

Selon l'opposant Mathias Dzon, chef de file de l'Alliance pour la République et la démocratie, s’il y a une nouvelle République, le président devra tout simplement démissionner. « Sibiti ne doit pas ouvrir la voie à une nouvelle République. S’il y a une nouvelle République, ça veut dire une abolition de la Constitution actuelle, donc il faut en tirer les conséquences. Le président Sassou-Nguesso doit démissionner, l’Assemblée nationale doit être dissoute ainsi que le Sénat et nous allons mettre en place une Assemblée constituante», juge l'opposant. En lieu et place de ce « boulevrersement », Mathias Dzon propose « une solution simple» : élire un nouveau président « qui viendra proposer aux Congolais sa nouvelle politique ».

En ligne de mire de ce référendum, la possibilité de changer de Constitution ce qui pourrait effectivement ouvrir la voie à un troisième mandat du président actuel. Ce qui n’est pas envisageable, pour Paul-Marie Mpouélé, le coordinateur du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique : « Le président de la République avance masqué. Vous voyez bien que la principale préoccupation de Sibiti a été de pouvoir revisiter l’article 57 et l’article 185 de la Constitution, notamment en ce qui concerne la limitation des mandats. C’est pour cela que nous disons que ce n’est pas la peine de continuer à ouvrir cette boîte de pandore, parce que cela divise les Congolais. Il vaut mieux garder la Constitution en l’état et laisser à son successeur la possibilité de pouvoir la réviser pour intégrer ce qui a été identifié à Sibiti. »