Ethiopie: Obama met l'accent sur les shebabs et le Soudan du Sud

La sécurité et la lutte contre le terrorisme est au centre de la visite de Barack Obama chez son partenaire principal dans la région, l'Ethiopie.
© REUTERS/Jonathan Ernst

Le président américain s'est entretenu lundi 27 juillet avec le Premier ministre Hailemariam Desalegn. L’Ethiopie est un partenaire important des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. La sécurité dans la région a donc occupé l'essentiel des entretiens. Barack Obama a notamment salué les efforts d'Addis Abeba contre les shebabs et a évoqué le cas préoccupant du Soudan du Sud. 

Comme attendu, cette visite de Barack Obama a permis de mettre en lumière le rôle stratégique régional essentiel d'Addis Abeba. L'Ethiopie est par exemple en première ligne en Somalie pour lutter contre les islamistes shebabs.

Avec 4 400 hommes, le pays est le premier contributeur de la force panafricaine de l'Amisom. Barack Obama leur a rendu hommage, car même si le combat est loin d'être gagné, même si la menace terroriste reste concrète, les shebabs ont indéniablement reculé ces deux dernières années. La semaine dernière, l'Amisom a notamment pris le contrôle des villes de Bardhere et de Dinsor, deux bastions des shebabs.

« La contribution de l’Ethiopie à la mission de l’Union africaine en Somalie a largement réduit les zones d’influence des shebabs. Mais l’explosion d’hier à Mogadiscio nous rappelle que de tels groupes terroristes ne se battent pour rien d’autre que la mort et la destruction. Ils doivent donc être arrêtés, nous avons encore du travail à faire. Ces derniers jours, les troupes éthiopiennes ont pu reprendre deux importants bastions d’al-Shabab, et il faut maintenir la pression », a-t-il martelé.

La guerre civile au Soudan du Sud

Autre gros dossier sécuritaire sur la table, le Soudan du Sud. Les Etats-Unis sont considérés comme le parrain de ce jeune Etat né en 2011 et ils sont bien démunis face à la guerre civile qui le ravage depuis un an et demi.

Jusqu'à présent c'est l'Igad, un organe régional, avec l'Ethiopie en pointe, qui se chargeait de la médiation entre belligérants. Addis Abeba a accueilli de nombreux pourparlers de paix entre Salva Kiir et son adversaire Riek Machar. Des accords ont même été signés mais n'ont jamais été respectés. Alors Barack Obama n'a pas voulu blâmer l'Igad.

« Ce n'est pas parce que l'Igad n'a pas suffisamment essayé, il y a eu énormément de temps et d'efforts consacrés pour tenter de rapprocher les différentes parties. Quoiqu'il en soit, la situation se détériore, la situation humanitaire est de pire en pire, et les possibilités d'une résurgence d'autres affrontements dans une région qui a déjà été dévastée par les conflits qui ont provoqué tant de morts pendant si longtemps font que nous devons tous porter une attention urgente sur ce qu'il se passe. Et on ne peut plus vraiment attendre », a fait savoir le président américain.

Lors de la réunion de haut niveau, les dirigeants ont d’abord étudié les possibilités d’aboutir à un accord viable d’ici le 17 août, date du prochain sommet de l’Igad. Mais la discussion a ensuite dérivé sur les solutions à envisager en cas d’échec. Selon nos informations la manière forte aurait été évoquée mais ce n’est pas l’option privilégiée par les Etats-Unis qui, dans un premier temps, préféreraient s’appuyer sur les sanctions ciblées déjà décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

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