Angola: nouvelles arrestations d'activistes à Luanda

Les jeunes activistes sont notamment accusés d'« attentat contre le président de la République » José Eduardo dos Santos (photo).
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Des activistes de plusieurs mouvements contestataires du régime angolais ont tenté de se rassembler mercredi après-midi place de l'Indépendance dans la capitale. Une manifestation empêchée par une contre-manifestation organisée par de jeunes militants du parti (MPLA) au pouvoir. Une dizaine d'activistes ont été arrêtés avant même le début de la manifestation qui visait à protester contre les emprisonnements arbitraires à Luanda.

Le rassemblement de ce mercredi entendait demander la libération de quatorze jeunes du Mouvement révolutionnaire, bien connu en Angola pour organiser des marches pacifiques, arrêtés le 20 juin dernier. Des militants arrêtés en « flagrant délit de coup d’Etat », selon le parquet.

C'est pendant une réunion sur les violations des droits de l’homme à Luanda en Angola que la police les avait arrêtés. Ils sont poursuivis pour « rébellion » et « attentat contre le président de la République ». Deux crimes passibles de 3 à 12 ans de prison selon le Code pénal angolais.

En plus de ces arrestations, deux militaires ont aussi été emprisonnés. D'après les perquisitions menées par la police, ils étaient en contact avec ces activistes. Mais pour le parti d'opposition Unita, l'arrestation de ces militaires sans grade n'est qu'une façon pour les autorités de justifier l'accusation de « coup d'Etat ». L'ONG Amnesty International, elle, dénonce « une manœuvre visant à étouffer les voix dissidentes ».

Depuis 2011, ces jeunes lancent des appels à manifester pour demander le départ du président angolais, José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 36 ans. Des manifestations systématiquement interdites et réprimées par la police.