Congo-Brazzaville: l’appel à la «résistance pacifique» de l’opposition

Le chef de l'Etat congolais Denis Sassou-Nguesso (ici à l'ONU en septembre 2014).
© REUTERS/Mike Segar

Les 630 participants au dialogue alternatif initié par l’opposition et quelques formations de la majorité ont rendu leurs conclusions, mercredi 29 juillet. Ils appellent le peuple congolais à la « résistance pacifique » face aux velléités du pouvoir de changer la Constitution en vue du maintien au pouvoir du président Denis Sassou-Nguesso en 2016.

C’est sous des applaudissements nourris que les leaders de l’opposition sont arrivés à la clôture du dialogue alternatif ce dimanche à Brazzaville, une initiative en réponse au dialogue national organisé auparavant par le pouvoir à Sibiti.

Devant une foule attentive, le député Mabio Mavoungou-Zinga, du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS) a fait la lecture de « l’appel de résistance pacifique » face aux velléités du pouvoir de vouloir changer la loi fondamentale.

« Nous participons au dialogue national alternatif sous le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance politique démocratique en 2016, appelant le peuple congolais à la résistance héroïque pour défendre l’ordre constitutionnel au cas où celui-ci venait à être violé », a clamé Mabio Mavoungou-Zinga.

Volonté affichée de « défendre la démocratie »

Paul-Marie Mpouélé, président du présidium des travaux, a qualifié ce dialogue alternatif de « transversal » et l’a présenté comme « l’antithèse de celui de Sibiti ». Il a également exigé que la présidentielle de 2016 soit tenue « dans les délais constitutionnels ».

« La Constitution du 20 janvier 2002 nous rappelle notre devoir de citoyen de défendre la démocratie lorsque celle-ci est menacée et c’est le cas aujourd’hui », a martelé Gilda Moutsara Gambou, une des participantes à ce dialogue alternatif qui a rassemblé des membres de nombreux partis d’oppositions, parmi lesquels des représentants du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), du Mouvement Congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) ou encore de la Convention pour l'action, la démocratie, et le développement (CADD).

Ces conclusions seront transmises dans un bref délai au chef de l’Etat, par l’entremise du ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou.


 ■ La déclaration clôturant le dialogue alternatif est visible sur une vidéo de nos confrères de BrazzaNews (à partir de 1mn43).

Au terme de cette déclaration, les signataires affirment quatre points essentiels :

1. Ils affirment leur « engagement de rester unis et solidaires et de mutualiser [leurs] moyens et ressources en cas de passage en force ».

2. Ils proclament que « la résistance à l’oppression est un droit naturel qui ne nécessite aucun protocole ».

3. Ils « prennent la communauté internationale à témoin de [leur] volonté de sauvegarder de manière pacifique et concertée les acquis de la démocratie validés par la conférence nationale souveraine ».

4. Ils « appellent le peuple congolais à la résistance héroïque pour défendre l’ordre constitutionnel au cas où celui-ci viendrait à être violé ».