Ebola: un vaccin efficace à presque 100%

Le vaccin contre la fièvre Ebola a été testé depuis mars sur 4000 Guinéens. Aucun d'entre eux n'a contracté la maladie.
© RFI / Sébastien Nemeth

Un vaccin expérimental contre le virus Ebola serait efficace à près de 100 %. C'est ce que révèle ce vendredi la revue britannique The Lancet. Elle publie les résultats d'un essai clinique réalisé sur 4 000 patients qui a débuté en mars dernier en Guinée.

Le vaccin VSV-ZEBOV a été développé par l’agence de santé publique du Canada. La licence a été déposée par les deux laboratoires américains Merck et NewLink Genetics Corp. Il a été administré à 4 000 Guinéens qui avaient été en contact avec un ou plusieurs malades. Cinq mois après le début des tests, quasiment aucun d’eux n’a contracté la maladie, selon le docteur Jean-Marie Okwo-Bélé, directeur du département des vaccins et immunisations de l'OMS. « Le vaccin se réplique au sein du sujet vacciné en produisant des anticorps protecteurs», explique-t-il, ajoutant qu’aucun effet secondaire gênant n’a été remarqué.

Une annonce prometteuse, mais le vaccin est encore à un stade expérimental, prévient le médecin. Il devra être soumis aux autorités règlementaires et pourrait ensuite, selon lui, être homologué fin d’année ou début de l’année 2016. « Nous avons maintenant à disposition potentiellement un outil qui va s’ajouter aux mesures habituelles de lutte contre la maladie Ebola », se réjouit Jean-Marie Okwo-Bélé.

L'OMS prévoit de stocker le vaccin expérimental pour faire face à une épidémie aussitôt qu'elle sera déclarée. « Pour l’instant, le vaccin va continuer à être utilisé chaque fois qu’il y aura un cas en Guinée ou en Sierra Leone », précise Jean-Maris Okwo-Bélé.

C’est un pas de géant dans la lutte contre le virus Ebola, qui a fait plus de 10 000 morts en Afrique de l’Ouest depuis décembre 2013. Si plusieurs thérapies alternatives avaient été testées jusqu’ici, elles s’avéraient peu efficaces. La dernière épidémie a accéléré les recherches et les moyens, explique François Simon, chef de service à l'hôpital Saint-Louis à Paris. La fièvre Ebola sévissait depuis un moment en Afrique de l’Ouest, mais elle ne concernait que 200 à 300 personnes dans des régions généralement assez reculées et personne n’avait prévu l’épidémie qui a frappé plusieurs pays l’année dernière.

« Le vaccin est une arme parmi d’autres, et c’est quand même une excellente nouvelle de voir qu’en cas d’épidémie nous n’allons pas être aussi désarmés que ce que nous avons été avec cette épidémie en Afrique de l’Ouest », conclut  François Simon.

Ces résultats interviennent alors que la situation s’améliore dans les pays d’Afrique de l’Ouest. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi dernier que le nombre d’infections hebdomadaires a atteint son niveau le plus bas depuis un an.

Lire l'article de la revue britannique The Lancet  (en anglais)


Une réforme de l’OMS après sa gestion d’Ebola

L’Organisation mondiale de la santé affirme avoir tiré les leçons de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Elle a dévoilé, ce vendredi, les réformes qu’elle allait entreprendre pour améliorer ses réponses aux urgences sanitaires. Le 7 juillet dernier, le rapport d’un groupe d’experts avait critiqué l’OMS sur ses défaillances dans son traitement de l’épidémie du virus Ebola. Ils appelaient l’organisation à procéder à des changements fondamentaux. « Nous aurions pu faire mieux. Nous avons été trop lents », reconnait la directrice générale de l’OMS Margareth Chan.

C'est un plan de réformes en six points que l'institution a choisi d'adopter pour pallier ses défaillances. Parmi ces mesures, le développement d'un centre unique pour répondre aux urgences sanitaires. Une mesure recommandée par le panel d'experts en juillet dernier. Pour être plus efficace, l'OMS veut encourager les Etats à sonner l’alarme plus rapidement en cas d’épidémie. Des pays qui ont mis parfois trop de temps avant d'informer l'OMS sur leur état sanitaire

L'institution veut aussi accroitre son aide en matière de système de santé dans les pays touchés par des épidémies. Cette aide se traduira, entre autres, par du personnel mieux formé sur place, des médicaments et des laboratoires. Et pour pouvoir fournir cette aide aux pays, l'OMS dit travailler à un nouveau mécanisme de financement. Les pays membres ont déjà accepté d'augmenter de 8 % leurs contributions pour les deux ans à venir. Des contributions qui doivent être complétées par un fond d'urgence de plus de 90 millions d'euros.