Le Tchad réintroduit la peine de mort dans la loi antiterroriste

Un policier tchadien aux abords du marché central de Ndjamena frappé par un attentat le 11 juillet 2015.
© REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Au Tchad, l’Assemblée nationale a adopté jeudi à l’unanimité le projet de loi antiterroriste soumis par le gouvernement après les attentats qui ont provoqué la mort d’une cinquantaine de personnes à Ndjamena. Si la version initiale du projet avait soulevé des inquiétudes de la part de l’opposition et de la société civile, le gouvernement a accepté quelques amendements permettant l’adhésion de l’opposition à son projet.

Haroun Kabadi, président de l’Assemblée nationale a annoncé avec satisfaction l’adoption du projet de loi portant répression des actes terroristes jeudi soir après une très longue séance. L’opposition a dû batailler ferme pour arracher des concessions au gouvernement afin qu’il modifie certaines dispositions qui pourraient être utilisées pour renier les libertés publiques. « La majorité a pris en compte l’ensemble de nos préoccupations, se félicite un député d’opposition. Nous avons eu des assurances du ministre et en même temps de la direction des débats comme quoi quelques formulations viendraient renforcer cet article-là pour lever toute équivoque. »

Si finalement la loi sur le terrorisme n’interdit pas la grève et les manifestations, elle réintroduit néanmoins la peine de mort que le Tchad s’apprêtait à abolir. Mais le ministre secrétaire général du gouvernement, Abdoulaye Sabre Fadoul, l’assume. « A ce jour, la peine de mort n’est pas abolie au Tchad, précise-t-il. C’est une tendance, c’est une option que le gouvernement avait prise, mais les événements que nous avons vécus, la prise en compte de certaines préoccupations légitimes de l’opinion publique, ont incliné le gouvernement à revoir sa position et nous l’assumons totalement, au moins pour ce qui concerne les actes de terrorisme. »


 ■ Ndjamena annonce la fin d’une opération de ratissage sur le lac Tchad

Deux semaines, c’est le temps qu’il a fallu aux 1000 hommes de l’armée, déployés autour du lac Tchad, pour ratisser la zone afin d’endiguer la multiplication des attaques des éléments de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Boko Haram).

En tout, 117 islamistes ont été tués au cours de cette opération, a indiqué l’armée dans un communiqué jeudi soir. Deux soldats tchadiens ont aussi trouvé la mort et deux autres ont été blessés, ajoute le même communiqué qui évoque la saisie d’une importante quantité d’armes et de munitions.

Toutes les barques des assaillants ont été détruites, a confié une source sécuritaire à RFI.

Depuis, tous les habitants des îles ont été priés de quitter celles-ci pour raisons de sécurité. Sans sources de revenus, ils sont en passe de devenir les nouvelles charges de la solidarité nationale et internationale.