Biens mal acquis: la Société Générale épinglée dans le dossier Obiang

Teodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, est soupçonné d'avoir détourné des sommes colossales, dans l'affaire des «biens mal acquis».
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L’enquête sur les « biens mal acquis» avance sur les détournements présumés de fonds publics par Teodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen. Selon une source judiciaire citée par l’Agence France-Presse, la justice française a placé jeudi 30 juillet la Société Générale sous le statut de témoin assisté dans ce dossier. Un statut intermédiaire. La banque n’est pas inculpée, du moins pour l’instant.

Pour le moment, les juges d’instructions en charge de l’affaire n’ont pas assez d’indices pour mettre en examen la Société Générale. Mais ils ont des soupçons.

Depuis mars 2014, Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale, est inculpé pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance. La justice française s’intéresse donc à ses avoirs : un patrimoine immobilier et mobilier estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.

Puis les enquêteurs épluchent ses comptes bancaires. Ils découvrent alors des comptes ouverts auprès de la SGBGE, la Société Générale de banque en Guinée équatoriale, une filiale de la banque française. Des sommes, près de 100 millions d’euros au total, transitent directement du Trésor public au compte personnel de Teodorin Obiang.

Lors d’une perquisition au siège de la Société Générale à Paris, les enquêteurs retrouvent des mails évoquant le compte personnel du fils Obiang. Une fermeture est envisagée. Mais la direction de la Société Générale ne donnera pas suite à cette possibilité. Dans un communiqué, la banque déclare qu’elle « poursuivra naturellement sa coopération avec l’institution judiciaire ». Reste à savoir si elle retrouvera son statut de simple témoin ou si elle sera inculpée à son tour.