Procès Chebeya: les parties civiles s’opposent à la peine de mort

Les policiers mis en cause dans le meurtre de Chebeya dans le box des accusés.
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En RDC, les plaidoiries lors du procès en appel de l'affaire Chebeya se poursuivent. Les avocats des parties civiles regrettent toujours que certaines personnes n'aient pas comparu comme le général John Numbi et d'autres officiers qui avaient été cités. Les parties civiles demandent aussi de commuer les peines de mort prononcées en première instance.

Dans le box, les cinq policiers qui comparaissent portent une tenue impeccable. Tantôt les bras croisés, tantôt la main gauche à la joue, le prévenu Daniel Mukalay derrière ses verres teintés, a les yeux fixés sur les avocats des parties civiles qui développent leurs plaidoiries. A ses côtés, l’un de ses codétenus parle de temps en temps dans le vide. L’assistance écoute maître Richard Bondo défendre sa thèse de crime d’Etat.

Plusieurs animateurs des institutions ont trempé dans le double meurtre de Chebeya et de Bazana, explique maître Bondo avant de demander à la Haute Cour militaire de ne pas appliquer la peine de mort : « Mukalay et les autres qui ont été condamnés à la peine capitale – notamment les fugitifs – nous, en tant qu’abolitionnistes, pour honorer la mémoire et de Chebeya et de Bazana, nous sollicitons que cette peine capitale soit commuée, soit à perpétuité, soit à une certaine durée, mais privative de liberté ».

Cette démarche semble contraster avec le supplice subi par Fidèle Bazana, un ancien de la Division spéciale présidentielle sous le règne du maréchal Mobutu, révèle maître Kabengele Ilunga, un autre conseil des parties civiles. Selon cet avocat, le corps de Fidèle Bazana - qui n'a pas été retrouvé - porterait plusieurs marques de coups de poignard.