Togo: Kpatcha Gnassingbé hospitalisé au CHU de Lomé

Kpatcha Gnassingbé lors de son procès à Lomé le 1er septembre.
© P.D./RFI

L’état de santé de Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du président togolais, incarcéré depuis sept ans à la prison civile de Lomé pour atteinte à la sécurité de l'Etat, s'est subitement dégradé. Il a été admis mercredi 5 août, dès l’aube, au pavillon militaire du centre hospitalier universitaire de Lomé.

Il n’y a pas de communiqué officiel, et même ses avocats ne sont pas parvenus à le voir, en tout cas pas pour le moment. On sait seulement que mercredi 5 août, avant le lever du jour, Kpatcha Gnassingbé et quelques détenus ont été extraits de leurs cellules. Le demi-frère de Faure Gnassingbé lui, a été conduit au pavillon militaire du principal centre hospitalier de Lomé.

Selon plusieurs sources non-officielles, l’ancien député de la Kozah, de même père que Faure Gnassingbé, accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat en 2009, souffrirait d’une embolie pulmonaire, de diabète et de tension artérielle. Il se trouverait dans un état grave, sans plus de précision.

Il y a quelques jours, le collectif de ses avocats se plaignait de sa santé, soulignant qu’il avait les pieds enflés et se déplaçait à l’aide de béquilles. Le collectif des avocats a, à cet effet, dans une lettre, demandé au ministre de la Justice d’user de tout son pouvoir pour lui accorder une liberté provisoire afin de lui permettre d’aller se soigner.

Ses avocats se disent inquiets, d’autant qu’ils n'ont pas eu l'autorisation de rendre visite à leur client pour apprécier sa situation. « A l’heure où nous sommes, je ne sais pas comment se porte Kpatcha Gnassingbé, parce que je ne l’ai pas vu, je ne sais pas dans quel état il était avant d’être admis au pavillon militaire du CHU. Donc je ne peux rien dire et je suis très inquiet », s’alarme Maître Gil-Benoit Afangbedji.

Ce dernier espère que les demandes de son client seront entendues. « Plus de deux fois, M. Kaptcha Gnassingbé a adressé au président de la République une demande de grâce présidentielle, tel que le reconnaît nos textes et notre Constitution. Donc il n’y a que le président qui peut user de cette prérogative. Mais jusqu’à ce jour, le chef de l’Etat ne s’est pas prononcé là-dessus. Et une nouvelle demande à été adressée à ce dernier. Nous verrons ce que cela va donner. »

Le pavillon militaire où il est admis depuis lundi est tenu par des médecins militaires. Il lui sera administré des soins appropriés précise un proche des milieux officiels, qui requiert l’anonymat.