Présidentielle au Burkina: Gilbert Noël Ouédraogo investi candidat

Panneau électoral de l'ADF-RDA, le parti de l'éléphant, dans une rue de Ouagadougou, en 2012.
© AFP PHOTO/AHMED OUOBA

Au Burkina Faso, Gilbert Noël Ouédraogo, président de l'Alliance pour la démocratie et la fédération-Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA), a été investi candidat pour la présidentielle d'octobre 2015. Le parti avait soutenu le projet de modification de la Constitution ayant abouti à l'insurrection populaire d'octobre dernier.

Tout de blanc vêtu, avec des chaussures noires, Gilbert Noël Ouédraogo a reçu l'écharpe du « commandeur » et le drapeau du parti après son investiture comme candidat à la présidentielle d'octobre 2015.

Quand fut venue l'heure de s'adresser à ses militants et à la population de Ouahigouya, Gilbert Noël Ouédraogo a reconnu la responsabilité de son parti dans la crise qui a conduit à la chute du régime de Blaise Compaoré en octobre 2014, mais il a saisi l'occasion pour régler ses comptes avec ceux qu'ils considèrent comme « les géniteurs » du projet de modification de la Constitution et qui se sont retrouvés dans l'opposition à quelques mois de l'insurrection populaire. « Contrairement à certains qui ont la paternité intellectuelle de cette révision, a-t-il déclaré, ils ont introduit et entretenu le débat ou du moins le venin dans le pays avant d’aller trouver refuge dans l’opposition pour fustiger ceux qui essayaient de limiter les dégâts. En tant que parti, nous reconnaissons notre part de responsabilité. Pour tout vous dire, nous affirmons que le vase était déjà plein. »

Après ses mises au point, le candidat de l'ADF-RDA estime que l'élection présidentielle est une tribune pour « plaider en faveur de la paix et la concorde nationale ». « Nous devons préserver la cohésion et la paix sociale afin de travailler sans relâche à la satisfaction des besoins réels des populations au service desquelles nous sommes, a-t-il expliqué. D’où mon engagement dans cette élection présidentielle. Une autre raison de mon engagement est que j’ai tiré toutes les leçons des événements passés. »

Gilbert Noël Ouédraogo a appelé les militants de son parti à la retenue, et à proscrire de leur parole toute tendance à l'ethnicisme ou à l'intégrisme religieux.