Lutte antiterroriste: arrestations en cascade en Tunisie

Le ministre tunisien de l'Intérieur, Najem Gharsalli, lors d'une conférence de presse à Tunis, le 26 mars 2015.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

En Tunisie, plus de 1 200 personnes seraient actuellement incarcérées dans l'attente d'un procès pour leur implication présumée dans des « actes terroristes », selon le ministère de l'Intérieur. Les autorités ont annoncé des séries d'arrestations après les attentats meurtriers du musée du Bardo et de Sousse. Vendredi encore, douze personnes, dont une femme, ont été arrêtées. Elles auraient reconnu leur volonté de se rendre clandestinement en Libye.

Ces douze personnes, toutes originaires de Sfax sur la côte est, ont tout simplement été interpellées à un arrêt d'autocar à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne grâce à des informations reçues par le ministère de l’Intérieur. C'est tout ce que communiquent les autorités habituées à ce genre de déclarations. Des communications qui se sont multipliées après les attentats de Sousse et du Bardo qui ont fait respectivement 38 et 21 morts en juin et mars dernier.

Fin juillet, le ministère de l'Intérieur évoquait des opérations exemplaires après l'arrestation de 16 terroristes présumés et la mort d'un dix-septième dans la région de Bizerte, dans le Nord. Un peu plus tôt, il assurait avoir abattu trois dirigeants de la Katiba Okba ibn Nafaa, branche d'al-Qaïda au Maghreb islamique, accusée d'être derrière l'attaque du Bardo, pourtant revendiquée par l'organisation Etat islamique.

Des suspects de l'attentat du Bardo relâchés

En tout, plus de 700 opérations auraient ainsi permis environ 200 arrestations après les deux attentats. Mais la semaine dernière, huit suspects ont finalement été relâchés. Parmi eux, un homme présenté à l'époque comme le chef de la cellule responsable de l'attaque du musée.

Ces arrestations en cascade et le manque d'informations afférentes font craindre à plusieurs ONG des abus dans le cadre de la nouvelle loi antiterroriste. Adoptée fin juillet, elle prolonge notamment la garde à vue jusqu'à 15 jours, et ce, sans présence d'un avocat.

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