Republier
Mali Terrorisme

Mali: une équipe d’experts en antiterrorisme va enquêter à Sévaré

A l'intérieur de l'hôtel «Byblos», après les combats, le 8 août 2015.
© AFP PHOTO / STRINGER

Au Mali, deux jours après l’attaque du Byblos, le calme revient à Sévaré. Le bilan officiel de l'opération lancée, samedi 8 août, par les forces spéciales maliennes fait état de treize morts. Quatre autres personnes ont pu être libérées. Une enquête est en cours. Elle est menée par les autorités maliennes et des experts occidentaux.

Des experts en antiterrorisme ont atterri à Sévaré dans la journée de samedi pour accompagner les forces maliennes dans l’enquête. Plusieurs arrestations ont eu lieu juste après l’attaque, mais toutes les personnes interpellées « ont été relâchées », nous affirme une source sécuritaire à Sévaré.

Les questions sans réponse restent nombreuses. Qui sont les assaillants ? Selon une source militaire malienne, les soupçons s’orientent vers les hommes d’Amadou Koufa, un prêcheur radical originaire de Mopti. Son groupe, le Front de libération du Macina (FLM), est allié aux jihadistes d’Ansar Dine. Mais l’attentat n’a toujours pas été revendiqué.

« C’est le Byblos qui était visé. L’objectif des terroristes aujourd’hui c’est de semer la panique, d’amener les uns et les autres à douter d’eux-mêmes, de la capacité de l’Etat à relever des défis, de la capacité des forces internationales à continuer d’aider le Mali dans sa lutte contre le terrorisme, explique Choguel Maïga, le porte parole du gouvernement malien. C’est ça leur objectif. Et dans ce sens-là, c’est le Byblos qui a été visé aujourd’hui. Ils sont allés au Byblos où sont principalement logés les travailleurs contractuels de la Minusma. (...) Les ennemis de la paix au Mali, c’est des types aussi bien parmi les narcotrafiquants que parmi les preneurs d’otages. Donc on peut imaginer que ceux qui sont intervenus à l’hôtel Byblos, c’est des types de ces milieux-là. »

Combien étaient-ils ? Selon cette même source militaire, quatre assaillants auraient été tués pendant l’attaque. Y aurait-il des assaillants en fuite ? Des opérations sont en cours, selon une autre source sécuritaire.

Vendredi, le gouvernement malien a annoncé l’arrestation de sept suspects et leur transfert à Bamako mais aucune précision n’a été donnée sur leur identité.

Quelle cible ?

Autre question en suspens concerne la cible des terroristes. Le Byblos n’est plus un hôtel depuis 2011 et depuis le début de la crise dans le nord du pays. Un contractant de la Minusma, l'entreprise de logistique aérienne sud-africaine UTER, a alors loué le bâtiment pour loger ses employés à Sévaré.

Les assaillants savaient-ils à qui ils s'attaquaient ? D'après une source au sein de la Minusma, le bâtiment était mal sécurisé. Toujours selon elle, l'attaque aurait pu faire davantage de dégâts si les assaillants avaient opéré en soirée, lorsque la quinzaine d'employés d'UTER se trouvent habituellement sur les lieux.

Aujourd’hui le bâtiment est saccagé, les chambres détruites et d'énormes impacts de tirs sont visibles sur les murs. Le bilan « définitif » communiqué par le gouvernement ce dimanche fait état de treize morts dont quatre soldats maliens. Cinq employés d'un sous-traitant de la mission de l'ONU ont également perdu la vie : un Malien, qui était le chauffeur de la compagnie sous-traitante, un Népalais, un Sud-Africain et deux Ukrainiens. Par ailleurs, huit soldats ont été blessés.

L'opposition dénonce le manque de moyens de l'armée

Et dimanche, l'opposition malienne est montée au créneau. Deux partis, l'Union pour la République et la démocratie et le Parena, dénoncent le manque de mobilisation du gouvernement et le peu de moyens donnés à l'armée pour faire face au terrorisme. C'est ce qu'explique Soumaïla Cissé, chef de file de l'opposition et président de l'URD.

Il est important que le gouvernement mette les moyens en place pour que notre armée ait vraiment les moyens de travailler et de faire face. (...) On fonctionne encore comme si la situation était tout à fait normale.
Soumaïla Cissé
10-08-2015 - Par Laetitia Bezain

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.