Burundi: la tension ne retombe pas à Bujumbura

Des soldats dans les rues de Bujumbura, en mai 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Au Burundi, la nuit de dimanche à ce lundi 10 août à Bujumbura a été marquée par des tirs et des explosions pendant deux heures qui ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale. La tension n’est pas retombée. La police a bouclé le quartier de Jabé.

Dès 6h ce lundi matin, la police a commencé à fouiller le quartier de Jabé. Selon les habitants, toutes les maisons ont été perquisitionnées. Personne ne pouvait entrer ou sortir de ce quartier. A la mi-journée, les habitants ont même constaté l'arrivée de renforts du côté de la police. Des agents équipés de roquettes et de mitrailleuses assuraient le cloisonnement de ce quartier, situé dans le nord de la capitale Bujumbura.

Les perquisitions se sont terminées en début d'après-midi, mais les policiers sont restés en nombre jusqu'aux environs de 17h30. Ce soir, il reste encore des policiers dans le quartier, mais beaucoup moins que dans l'après-midi.

Selon les habitants, aucune arme n'a été saisie pendant la journée et au moins dix personnes ont été arrêtées. Cette information n'est pas confirmée par la police pour le moment.

Ces perquisitions font suite à une nuit très violente à Bujumbura. La police a indiqué que huit grenades, en tout, ont explosé au cours de la nuit. Quatre dans le quartier de Jabé, trois dans celui de Cibitoke et une dans celui de Nyakabiga. Selon les habitants, au moins deux policiers ont été tués. De son côté, la police conteste ce chiffre et parle de deux blessés dans ses rangs au cours de la nuit.

Remus vit dans un quartier voisin, nommé Nyakabiga. Depuis une semaine, il assiste à une importante dégradation du climat dans les rues de Bujumbura.

A Bujumbura les gens ont peur, il rentre très tôt du travail, les magasins ferment très tôt, ils ne fréquentent pas les cabarets comme ils en avaient l’habitude.
Remus
11-08-2015 - Par RFI