A Madagascar, la population vit au rythme des délestages

Le site du ministère malgache de l'Energie, qui vient d'autoriser une mise en concession privée dans le domaine de l'énergie, une des raison de la colère des syndicats de la Jirama.
© http://www.energie.gov.mg

A Madagascar, la grève se poursuit à la Jirama, la compagnie nationale d’eau et d’électricité. Les grévistes promettent de ne pas couper le courant mais les opérations de délestage s’amplifient ces derniers temps. À Ankadifotsy, la population s'agace de ces coupures,

La période d’étiage explique en grande partie ces coupures, les pluies ne suffisant plus pour alimenter les centrales hydroélectriques. Mais d’après les syndicats de la Jirama, c’est aussi parce que la compagnie ne paie plus ses fournisseurs privés qu’ils coupent l’alimentation. La compagnie est en effet en grande difficulté financière.

À Ankadifotsy, un quartier de la capitale particulièrement touché par les délestages, la population est excédée, mais est obligée de faire avec ces coupures de courant. Dans son petit deux-pièces, Goretty Razanakoto raconte que les coupures de courant sont désormais quotidiennes : « Tous les jours, il y a du délestage, deux heures le matin et le soir ça dure à peu près deux heures aussi. Et nous on commence à en avoir marre. »

« On est limité en tout »

Dès qu’elle a le courant, elle en profite pour recharger les batteries de son téléphone, et pour la lumière elle a toujours des bougies en dépannage : « On est limité en tout. Vous voyez c’est l’ordinateur. Ça risque d’être endommagé par la coupure brusque du courant. Alors par précaution, quand arrive le soir, on ne met jamais rien en marche. » Pour la cuisine, elle doit revenir au réchaud à charbon et pour conserver les aliments : « Nous avons des frigos, mais si on met des trucs, c’est pourri. Alors on s’en sert seulement comme garde-manger pour les aliments non périssables. »

Avant de le rebrancher, elle attend que la fourniture d’électricité redevienne stable. Avec la rénovation de centrales vétustes par des investisseurs privés, l’Etat promet une amélioration d’ici trois mois dans la capitale. À condition que le litige avec les syndicats ne s’envenime pas.

Les négociations entre syndicat et direction de la Jirama se poursuivent d’ailleurs ce mercredi. Les grévistes demandent à l’Etat de renflouer les caisses de la compagnie et d’investir lui-même dans la rénovation des centrales plutôt que de faire appel au privé. Alors que mardi, le gouvernement a adopté un décret autorisant une mise en concession privée.

→ À (RE)LIRE : Madagascar: les coupures de courant électrisent les populations

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