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Guinée-Bissau

Dissolution du gouvernement en Guinée-Bissau

Le président de Guinée-Bissau, José Mario Vaz, en juin 2014.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Le président bissau-guinéen José Mario Vaz a mis à exécution sa menace de dissoudre le gouvernement de Domingos Simoes Pereira. Les deux hommes pourtant issus d'un même parti ne s'entendent pas depuis plusieurs mois sur la manière de diriger le pays. Dans un discours de 40 minutes, le Président Vaz a évoqué une crise de confiance à l'égard de son Premier ministre et cité un certain nombre de points qui constituent des blocages dans le fonctionnement des institutions.

Le président José Mario Vaz a mis à exécution sa menace de dissoudre le gouvernement de Domingos Simoes Pereira. La pression de la rue, l'appel au dialogue lancé par les représentants de la communauté internationale réunis mardi à Bissau, n'ont rien changé dans sa détermination. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, s'était personnellement impliqué pour éviter une instabilité en Guinée-Bissau. Peine perdue, le décret présidentiel est tombé hier mercredi, tard dans la nuit : le gouvernement de Domingos Simoes Pereira est dissout.

Pour justifier sa décision, le président Vaz a cité un certain nombre de points notamment la corruption, le détournement de deniers publics, le népotisme ; autant de maux qui ont fini par briser la confiance entre lui et son Premier ministre. « Dans une telle situation, a-t-il déclaré, un simple remaniement ministériel ne suffit pas pour résoudre la crise au sommet de l'Etat ».

Face à cette situation, Domingos Simoes Pereira reconnaît que lui et son parti, le PAIGC, - dont est aussi issu le président - ont bien « rencontré des difficultés avec le président de la République », mais cela ne leur semblait pas « avoir atteint un seuil qui pourrait empêcher le normal fonctionnement des institutions ». « Le président de la République l'a placé toutefois à ce niveau-là. Nous ne sommes pas d'accord, mais nous le comprenons », déplore-t-il. Pour autant, le Premier ministre du gouvernement sortant va proposer à nouveau son nom pour former une nouvelle équipe ministérielle. Pereira prétend qu'il ne fait que s'appuyer sur la loi pour revenir au leadership de l'exécutif.

Le président, lui, est désormais sur une corde raide. En brouille avec sa famille politique, il doit faire de nouvelle alliance lui permettant d'avoir une majorité au Parlement. A défaut d'une base politique solide à l'assemblée, la dissolution de cette chambre et l'organisation des élections législatives dans 90 jours s'impose.

A Bissau la situation est calme, mais plusieurs associations syndicales ont appelé leurs membres à cesser de travailler jusqu'à ce que le président remette sur selle le Premier ministre déchu. Le gouvernement portugais se dit très préoccupé la montée de la tension et est en train fournir des efforts pour prévenir que les divergences institutionnelles débouchent à une crise politique grave.

On peut espérer que cette crise se résolve par des jeux, des coalitions et pas par la violence
Vincent Foucher
14-08-2015 - Par Laetitia Bezain

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