ONU: le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, du Burundi à la Centrafrique

Parfait Onanga-Anyanga à New York.
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En Centrafrique, Babacar Gaye a démissionné de son poste de chef de la Minusca, la force de l'ONU dans le pays, suite au scandale de viols présumés par des casques bleus. Pour le remplacer, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a nommé Parfait Onanga-Anyanga. Le Gabonais arrive dans un climat tendu à Bangui.

Parfait Onanga-Anyanga est un diplomate rompu aux instances des Nations unies. Il a débuté sa carrière onusienne à la mission permanente du Gabon à New York. Il était alors chargé des affaires politiques et des affaires de désarmement. Il est ensuite monté en grade et a fini par gérer les questions de sécurité en Afrique centrale, avant de poursuivre sa carrière en occupant différents postes de chef de cabinet de hauts responsables de l’institution.

Après plusieurs années passées au siège des Nations unies à New York, Parfait Onanga-Anyanga est finalement nommé au Burundi en 2012. Il devient alors chef du bureau des Nations unies dans le pays. Sa mission : conduire le dialogue entre gouvernement et opposition pour sortir de la crise politique. Pour cela, il organise en mars 2013 une session de dialogue dans l’enceinte du bureau de l'ONU.

Sa bonne volonté n’empêchera pas le climat politique burundais de s’envenimer. Pis, les relations entre Parfait Onanga-Anyanga et le pouvoir se dégradent. Au printemps 2014, les autorités expulsent un fonctionnaire des Nations unies puis menacent d’expulser un officier dans la foulée. Le ton monte entre le diplomate et le ministère des Relations extérieures.

Le 31 décembre 2014, l’aventure burundaise de Parfait Onanga-Anyanga s'achève. C’est alors la fin du bureau des Nations Unies au Burundi, remplacé par une mission d’observation électorale. Pendant que la crise politique se poursuit dans ce pays, le diplomate rentre à New York. C'est alors qu'il est choisi pour devenir chef de la Minusca à Bangui. Un poste qu'il récupère en plein scandale, alors que cinquante-sept allégations de fautes ont été recensées, dont onze concernant potentiellement des cas d'abus sexuels sur des enfants.