Meurtres en Côte d’Ivoire: quand les Ivoiriens font justice eux-mêmes

Le quartier de Yopougon, à Abidjan.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

A Abidjan, dans le quartier populaire de Yopougon, le meurtre d’une jeune étudiante, mercredi 12 août, a déchaîné la colère de la population. Le lendemain, deux personnes, condamnées sans preuve par la vindicte populaire, ont été tuées. Une situation explosive qui a conduit les forces de police à se déployer dans le quartier pour dissuader de tels actes de violence et ramener un peu de calme  

Le préfet  effectue la visite au pas de charge à travers le secteur de Niangon, dans la commune de Yopougon, et indique où se trouvent les différents points de renforts policiers installés dans le quartier. C'est un dispositif conséquent qui a été mis en place après les échauffourées, de jeudi, synonymes de psychose et de justice populaire, qui ont fait deux morts. Echauffourées consécutives au meurtre d'une jeune fille mercredi.  

« Nous avons reçu les instructions de nos chefs afin de rassurer les populations pour que les gens puissent vaquer tranquillement à leurs occupations », a précisé, à RFI, Joseph Kouamé Yao, préfet de police d’Abidjan.

A la question de savoir ce qu’il pensait du fait que les Ivoiriens, particulièrement à Yopougon, se fassent justice eux-mêmes, Joseph Kouamé Yao a tenu à souligner que « ce n’est pas une bonne chose » et que lorsque quelqu’un se sent menacé ou bien agressé dans sa personne ou dans ses biens « il y a la police, il y a la gendarmerie ainsi que les Forces régaliennes et il faut les saisir pour qu’ils fassent leur travail », a-t-il ajouté.

Défiance de la population à l'égard des forces de police

Dans le quartier, certains se félicitent du renforcement policier tout en s’interrogeant sur ces actes de violence.

« Je pense que ce n’est pas normal que les Ivoiriens se fassent justice en organisant un système d’auto-défense qui n’est pas légitime. De plus, cela sème la zizanie. Je pense que c’est parce qu’il y a une crise entre la population et la police. La population n’a pas confiance en l’autorité policière. Cela pose effectivement un problème mais je pense que les autorités administratives et les autorités politiques doivent mettre un système politique en place pour essayer de renforcer la sécurité », a déclaré, à RFI, un habitant du quartier.

Depuis 24 heures, les forces de sécurité ont été effectivement renforcées avec 300 policiers supplémentaires qui ont été répartis dans le quartier de Yopougon.

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