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Mali Terrorisme

Mali: une semaine après l'attaque, retour à Sévaré

Les murs de l'hôtel Byblos de Sévaré criblé de balles après l'attaque armée, le 8 août 2015.
© AFP PHOTO / STRINGER

La semaine dernière, une attaque jihadiste contre un ancien hôtel de la localité de Sévaré, dans le centre, a coûté la vie à une dizaine de personnes dont des militaires maliens et quatre expatriés d'une société privée sud-africaine qui sous-traitait avec la mission de l'ONU au Mali. Retour sur les faits et visite guidée du bâtiment, quelques jours après le drame.

Devant la grande maison se dressent quelques arbres, mais également un minibus calciné dans lequel deux expatriés ont été retrouvés morts. La cour, elle, est plongée dans un très grand désordre. Seules les fleurs ont été épargnées. On y voit une couverture, des bouteilles vides, à droite un bar privé et au milieu une paillotte, et des impacts de balles partout.

Dans une dépendance, un matelas brûlé, des moustiquaires et une bible sont visibles. Et puis des traces de sang. C’est là qu’un autre expatrié à été tué. Dans le bâtiment principal, là aussi, de nombreux impacts de balles. Pour tenter de déloger les jihadistes, l’armée malienne a utilisé les grands moyens.

A l’étage, sur le sol, des gravats. Dans l’une des seize chambres du bâtiment, un ancien hôtel, quasiment tout est calciné : le lit, le plafond, l’armoire, la porte. C’est là qu’a été retrouvé mort un autre expatrié. Son lit, sous l’effet des bombardements, est en cendres. Sur le mur d’un couloir, un gros trou, la marque de l’usage d’une arme lourde. A même le sol, la photo d’un enfant au visage d’ange, probablement celui de l’expatrié qui occupait la chambre.

La façade sud donne sur un garage. Elle a été totalement défigurée par les tirs de l’armée malienne. Un coup d’œil au plafond du bâtiment, touché par l’incendie : il porte désormais la couleur noir, un peu comme pour porter le deuil de cette triste journée.

Rappel des faits

le 7 août, tout commence devant la vaste résidence des expatriés travaillant pour la mission de l’ONU au Mali, des pilotes et des mécaniciens. Ils montent dans un bus privé pour se rendre à l’aéroport de Sévaré. Le véhicule s’apprête à démarrer quand un homme armé surgit et tire sur le chauffeur. Ce dernier raconte que le forcené crie « Allahou Akbar » tout en faisant feu. Le chauffeur sort et, dans la foulée, l’assaillant jette une grenade dans le véhicule.

Le bus prend feu sous l’effet de l’explosion et deux expatriés meurent quasiment calcinés. L’homme armé rentre dans la résidence, très nerveux. A l’intérieur, il se met à tirer et chacun essaie de fuir ou de s’échapper, se souvient l’agent immobilier qui gère le bâtiment. Puis l’homme armé ressort, avant d’être neutralisé par l’armée malienne.

La scène se déplace rapidement à l’intérieur de la résidence. Le quartier est bouclé. Un autre jihadiste sera abattu. L’armée malienne intensifie pendant des heures des tirs à l’arme lourde sur le bâtiment. Plusieurs heures après, des forces spéciales maliennes pénètrent les lieux sans tirer un seul coup de feu. Elles constatent que deux autres expatriés sont morts mais qu’il y a également des militaires maliens parmi les victimes, à l’extérieur.

Nous sommes dans un quartier-général de l'armée malienne à Sévaré...
Depuis l'attaque, les opérations de sécurité dans la région se multiplient
15-08-2015 - Par Serge Daniel

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