RCA : l’appel d’Amnesty après la démission du chef de la Minusca

Une patrouille de casques bleus dans le quartier de Sango, à Bangui, le 15 octobre 2014.
© AFP/STRINGER

En République centrafricaine (RCA), le chef de la Minusca, Babacar Gaye, a démissionné, le mercredi 12 août, et a été remplacé par Parfait Onanga-Anyanga. Ce départ est survenu suite à un rapport d’Amnesty International qui demandait une enquête sur le viol d’une fillette et de deux homicides aveugles commis par des Casques bleus. Des accusations qui sont venues s’ajouter à une longue liste d’autres actes impunis. L’organisation de défense des droits de l’Homme lance un appel aux pays membres des Forces de maintien de la paix des Nations unies afin qu’ils prennent des mesures concrètes.

Depuis la révélation, mardi 11août, par Amnesty International de nouvelles accusations de viol portées contre les Casques bleus, en Centrafrique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a multiplié les gestes forts avec, notamment le limogeage sans précédent de Babacar Gaye, une visio-conférence en urgence avec l’ensemble des chefs de mission des Nations unies dans le monde pour les rappeler à l’ordre ainsi qu’une réunion spéciale à huis clos au Conseil de sécurité.

Ban Ki-moon a promis la « tolérance zéro ». Un noble objectif pour Stéphan Oberreit, directeur d’Amnesty International France, mais les pays membres des Forces de maintien de la paix doivent surtout prendre des mesures concrètes.

« Certes, le Secrétaire général demande à des Etats de contribuer mais ce n’est pas lui qui a autorité directe sur ces Casques bleus, in fine », constate Stéphan Oberreit qui demande, par conséquent, aux pays qui contribuent aux Forces de maintien de la paix des Nations unies qu’ils soient beaucoup plus engagés.

Le directeur d’Amnesty International France leur demande notamment de s’assurer, en amont, de la sélection de leur personnel et de se certifier qu’ils envoient « du personnel qui n’a pas d’antécédents judiciaires » d’une forme ou d’une autre. Par ailleurs, il leur demande de « mettre en place une formation » pour s’assurer que ces troupes comprennent bien dans quel cadre elles vont évoluer.

« Ne pas laisser ces troupes trop longtemps seules dans des contextes compliqués et donc, permettre des rotations, autant faire se peut. À nouveau, on voit que ça permet certainement d’améliorer les comportements », souligne Stéphan Oberreit avant d’ajouter que si des faits sont avérés, « être extrêmement ferme » vis-à-vis des personnes qui ont commis des délits et des crimes et de s’assurer qu’il n’y a pas, à nouveau, « d’impunité pour des personnels qui auraient commis ces crimes ».

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