Soudan du Sud: les négociations sur un accord de paix piétinent

Le porte-parole du gouvernement du président du Salva Kiir (C) a annoncé que l'accord de paix ne serait pas signé en l'état tout en assurant que les discussions allaient se poursuivre.
© AFP / ZACHARIAS ABUBEKER

Depuis une semaine, ont lieu à Addis Abeba des négociations pour trouver une issue à la guerre civile au Soudan du Sud. La date limite pour trouver un accord est fixée à lundi prochain, mais les discussions piétinent. L’opposition au président Salva Kiir est divisée, et vendredi, des gouverneurs de dix Etats du pays avaient argué qu’ils ne savaient plus avec qui il fallait négocier pour annoncer le retrait du gouvernement. Mais samedi 15 août, le porte-parole officiel du régime a réfuté cette rupture, tout en indiquant que le texte actuel pour la mise en place d’une transition ne serait pas signé en l’état.

La médiation répète qu’elle s’en tient au calendrier fixé il y a plusieurs semaines et qu’elle espère donc toujours la signature d’un accord lundi prochain. Pourtant, le document qu’elle a proposé ne convient à aucun des deux camps. Et le processus est d’autant plus laborieux ces derniers jours, que les différentes factions affichent des divisions internes nouvelles.

Sans compter que Michael Makuei, le porte-parole du gouvernement, a annoncé samedi que le président Salva Kiir ne viendrait pas à Addis Abeba. Il assure cependant que les négociations vont continuer. « La question n’est pas de savoir si nous allons signer cet accord. La question est plutôt : "quel accord ?". Nous sommes venus pour signer un document qui soit durable, et qui appartienne réellement au peuple sud-soudanais. Nous affirmons donc que si certaines dispositions sont amendées, alors nous signerons. Et sinon, nous continuerons les discussions jusqu’à une entente et une signature », avance-t-il.

Mais continuer jusqu'à quand ? A l’entendre énumérer les points qui font encore débat, essentiellement sur des aspects politiques et sécuritaires, il est difficile d’imaginer que tout puisse se régler dans les 48h à venir.

Organe régional en charge de la médiation, l’Igad ne semble pas disposée à accorder de nouveau délai. Mais critiquée de plus en plus ouvertement par les belligérants, sa position est fragilisée. Le gouvernement dénonce notamment ses méthodes pour imposer l’accord, au mépris de la souveraineté nationale. Le dossier sud-soudanais pourrait donc passer à un niveau supérieur, mais ce serait un terrible aveu d’échec après plus d’un an et demi de discussions.