Zimbabwe: 18 000 suppressions d'emplois en moins de trois semaines

Harare, au Zimbabwe.
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Au Zimbabwe, 18 000 suppressions d'emplois ont été annoncées depuis une décision de la Cour suprême fin juillet, qui autorise les licenciements sans compensation à condition de donner un préavis de trois mois. L'avenir pourrait être tout aussi sombre pour les salariés du secteur public, dont les salaires pèsent lourd sur le budget de l'Etat. Ces suppressions d'emplois massives en disent long sur la crise économique que traverse le pays.

Ces dernières semaines, près de 50 entreprises ont annoncé des plans de licenciement au Zimbabwe. La télévision nationale zimbabwéenne vient de faire savoir qu'elle allait supprimer près de 300 emplois. Même la société de télécommunications Econet, pourtant la plus importante et la plus rentable du pays, a annoncé un plan social.

Selon les syndicats et les analystes, un quart de la population active (formelle) a perdu son travail depuis les élections de 2013 au Zimbabwe, en raison de la contraction de l'économie. Depuis que la Cour suprême a décidé d'autoriser les licenciements à condition de donner un préavis de trois mois, ce sont déjà 18 000 emplois qui auraient disparu selon les syndicats.

Ces derniers dénoncent « un complot capitaliste » et demandent au président Robert Mugabe de faire annuler ces nouvelles dispositions législatives, jugées inconstitutionnelles. D'autant que ces licenciements massifs vont à l'encontre des annonces de campagne de la Zanu-PF, qui promettait de créer plus de 2 millions d'emplois dans le pays.

Du côté des entreprises, le changement de législation a été accueilli avec soulagement. Les compagnies blâment la forte récession économique, qui les force à licencier pour ne pas faire faillite.