RDC: un an après la tuerie, des déplacés rentrent à Mutarule

Des soldats congolais à Mutarule, le 10 juin 2014. Les FARDC comme l'ONU ont été accusés de ne pas être intervenus pour empêcher le massacre, quelques jours plus tôt.
© AFP PHOTO / JEAN-BAPTISTE BADERHA

En République démocratique du Congo, plus d’un an après le massacre de 37 habitants du village de Mutarule, dans le Sud-Kivu, les premiers déplacés ont repris le chemin du retour. Ils sont un peu plus de 1000 à s’être réinstallés, ce week-end, dans leur village d’origine.

Le 6 juin 2014, 37 personnes, appartenant pour la plupart à la communauté Bafulero, avaient été tuées par balles ou brûlées, sans que les casques bleus et les soldats de l’armée congolaise n’interviennent. Ils avaient pourtant été alertés à plusieurs reprises et étaient postés tout près.

Le chef de la mission de l’ONU au Congo, Martin Kobler, s’était excusé publiquement pour son inaction et les autorités congolaises avaient ouvert une enquête. Aujourd’hui, les habitants de Mutarule se disent rassurés sur les conditions de sécurité mais rien n’est gagné.

Depuis un an, les 5 700 déplacés exigeaient que les conditions sécuritaires soient améliorées dans leur village. Pour cela, les habitants de Mutarule demandaient que les chefs de la police et de l’armée, basés sur place, soient relevés de leur fonction, vu leur inaction lors de la tuerie du 6 juin 2014. Il y a un mois, cette demande a finalement été entendue par les autorités congolaises et les équipes ont été renouvelées.

De son côté, la mission de l’ONU au Congo a accepté de déplacer une trentaine de casques bleus dans le village de Mutarule pour renforcer la sécurité. L’effet a été quasi immédiat. Plus de 1 000 déplacés sont rentrés ce week-end.

Cependant, sur place, beaucoup reste à faire. Les maisons sont en grande partie détruites, après une nuit de tirs et d’incendies. Le poste de santé et l’école, entièrement brûlés à l’époque, n’ont pas été restaurés. Deux puits d’eau potable ont bien été financés par la Monusco mais, pour le moment, aucun ne fonctionne. Les habitants demandent donc de l’aide aux autorités.

Enfin, onze mois après la tuerie, l’enquête judiciaire sur les responsabilités de cette nuit d’horreur a bien été clôturée mais, à ce jour, aucune date n'a encore été fixée pour le procès.

On est contents parce qu'on est en sécurité et aujourd'hui nous pouvoir dormir sans problème.
Le témoignage d'un habitant de retour à Mutarulé
18-08-2015 - Par Florence Morice