Soudan du Sud: date butoir pour trouver un accord de sortie du conflit

Le président sud-soudanais Salva Kiir (à gauche) et son opposant Riek Machar (à droite) arriveront-ils à signer un accord ouvrant la voie à une transition de deux ans et demi?
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L’avenir du Soudan du Sud se joue ce lundi à Addis Abeba. Ce 17 août est en effet la date butoir donnée aux acteurs du conflit pour signer un accord et mettre ainsi fin à une guerre civile qui dure depuis 20 mois. Le document proposé par l’Igad, l’organe régional en charge de la médiation, est cependant très contesté par les deux camps, notamment ses aspects politiques et militaires.

Les présidents de la région, le Kényan Uhuru Kenyatta, l’Ougandais Yoweri Museveni et le Soudanais Omar el-Béchir sont ainsi en Ethiopie pour obtenir un règlement du conflit. Alors que le président sud-soudanais Salva Kiir a finalement décidé de venir participer aux débats, le déroulement de la journée reste totalement imprévisible.

Trois scénarii principaux sont possibles ce lundi. Le premier est celui qui verrait le président Salva Kiir et son opposant Riek Machar signer un accord ouvrant la voie à une transition de deux ans et demi. Le document préparé par l’Igad l’organise précisément, même s’il pourrait être modifié si des amendements font consensus.

Mais les critiques sont nombreuses et contradictoires. Les deux camps réclament par exemple davantage de pouvoir et de sièges que ce qui leur est proposé. Le régime en place a même ajouté une nouvelle exigence : que toutes les factions de l’opposition signent l’accord, alors que d’importants généraux se sont récemment désolidarisés de Riek Machar.

D'autres voies pour sortir du conflit ?

Si l’accord n’est pas signé, on pourrait alors se diriger vers un second scénario : celui d’un délai accordé. Mais la communauté internationale est déçue par le manque de fiabilité des belligérants qui n’ont même jamais respecté les sept cessez-le-feu déjà signés.

Un troisième scénario est possible aujourd'hui : chacun reconnaît l’échec des négociations dans leur forme actuelle et l’on réfléchit à une nouvelle voie pour régler le conflit. Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà prononcé des sanctions ciblées, mais il en faudra sans doute plus pour freiner les combats alors que les deux camps restent persuadés de pouvoir prendre l’avantage sur le terrain.

Fin juillet, Barack Obama était à Addis Abeba et a pu discuter avec les chefs d’Etat de la région sur les options disponibles pour ramener la paix au Soudan du Sud. Au moins l’un des pays africains avait proposé une action militaire, mais les Etats-Unis voudraient éviter une telle extrémité.

Ce qui est aussi très important, c’est d’autoriser toutes les organisations humanitaires à pouvoir se rendre dans toutes les zones du Soudan du Sud.
Michael Pow
17-08-2015 - Par Antoine Cavaillé-Roux